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"Le piano de ma mère" Yann Queffélec

Par Manus

"Le piano de ma mčre" Yann Queffélec

Yann Queffélec

C'est une des rares fois que j'hésite à écrire un billet sur un livre que j'ai lu.  De fait, le roman de Yann Queffélec "Le piano de ma mère", éd. L'Archipel, 2010, me reste au travers de la gorge.  

Ce roman est le premier d'une trilogie autobiographique, où Queffélec narre cet amour qu'il voue à sa mère, seule sans doute à le protéger d'un père excessivement sévère et dur, mais pour qui il adopte une admiration sans bornes.  Il est bel et bien le fils d'Henry Queffélec, écrivain, considéré comme le grand romancier maritime de la langue française du XXè siècle.

Dans "Le piano de ma mère" l'auteur plonge dans son enfance et nous présente d'emblée l'ambiance familiale, à commencer par ce fameux piano noir dont sa mère est si férue.  Queffélec ne tarit pas d'éloges sur sa mère, c'est d'autant plus émouvant qu'il réussit à transposer son regard de petit garçon de dix ans lorsqu'il nous la décrit.  Au fil de sa description, nous sentons presque les arômes de savon et de parfum nous parcourir la peau lorsque, régulièrement, sa mère passe sous nos yeux pour se rendre près de son fils.

De la même façon qu'il arrive à son père de traverser les lignes d'une page, le lecteur pourrait sentir l'indignation et la colère monter en lui tant ce personnage aura occasionné une souffrance profonde chez l'auteur.  Pourtant ce dernier restera pudique et discret, n'en disant presque rien; ce justement "presque rien" qui nous laisse entendre la distance béante qui se crée entre le père et le fils, dont le seul lien résidera entre des fessées administrées avec froideur et cruauté, et son éloignement au pensionnat, ce qu'il traduira, dans sa tête d'enfant bien faite, comme un acte volontaire pour l'éloigner de son père. 

J'en viens à ce qui me reste au travers de la gorge.  Ayant terminé ma lecture, je reste mécontente.  Un sentiment de "peux mieux faire" l'auteur.  Une sorte de réserve par rapport à l'écriture, au texte, où je trouve qu'il aurait fallu élaguer davantage, épurer le style.  Mais, qui suis-je pour me permettre un tel jugement ?  

N'en tenez donc pas trop compte, car cet auteur vaut, quoi que j'en dise, le détour, tant pour le contenu que pour l'écriture qui est de toutes manières d'un excellent niveau.

Panthère.


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