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Rigor Mortis

Publié le 24 mai 2010 par Basan

I. La gloire des décadents
Un monde qui périclite peut faire rêver, ne serais-ce que par l'écho merveilleux qui immanquablement s'élève des fosses communes et autres ruines fumantes ponctuant les champs de la défaite. Car après l'incendie, quand la pluie commence à arracher le sang des murs de son doux martèlement, les hommes réalisent toujours que le fruit pourri écrasé avec tant de dédain avait un cœur d'or, jadis. On l'a vu en 480 quand l'empire d'Enée sombrait dans les abîmes de l'Histoire avec la tête de Nepos. Les barbares ont bien tenté d'exorciser leur frustration en violant les prêtresses de Rome, mais leur délicieux cirque n'a en fait été qu'une illustration patente du culte secret qu'ils vouaient tous à la putain troyenne drapée de pourpre qui leur avait apporté à la fois les plaisirs du vin et ceux de la croix. Et comme l'Histoire est somme toute une garce bien paresseuse, elle n'a jamais cessé de nous servir de nouveaux réarrangements de chutes glorieuses. Envolons-nous donc jusqu'en 1945 pour nous poser sur la carcasse infâme des monstres totalitaires qui ont joyeusement plongé dans les tumultes du Styx une fois embrochés par une fameuse coalition d'obèses démocrates, de financiers sans patrie et de communistes en mal de révolution. Certes, ce n'était clairement déjà plus Rome, mais tout de même... que de beautés fugaces dans les visages creusés par la faim et les villages calcinés ! Que d'esthétique aussi dans les cendres de mort portées par les vents sur les immenses plaines de l'Est !
Malheureusement, madame l'Histoire - pour qui le temps ne signifie rien - a oublié dans ses pérégrinations que les hommes ne sont guère des héros, c'est bien pour cela d'ailleurs qu'ils en inventent partout, qu'ils les chassent dans leurs rêves les plus audacieux et que trop souvent, ils se fourvoient à en placer de faux à leur tête. Le genre humain n'est en réalité composé que de lâches sans convictions autres qu'un instinct de préservation honteusement couplé à de vieux fantasmes d'inceste planqués dans un coin sombre de leur cerveau. Et après le petit coup de 1945, l'humain con a tout simplement décidé que même la décadence, c'était encore trop bien pour lui. Depuis, 60 ans ont passés et madame l'Histoire a subi un ramonage bien en règles de son petit cul, pour si longtemps avoir forcé les hommes à trouver une esthétique même dans leurs plus furieux moments de révolte. C'est d'ailleurs de ce fameux "siphonnage" qu'il est dans cet article question, chers frères maudits. Il s'agit en d'autres mots de voir comment le porc humain a violé son destin en se condamnant par là-même aux tourments de la médiocrité.
Nous parlerons dans un premier temps de ce qui a remplacé les idéologies du passé pour ensuite nous intéresser au sort de l'Art puisque ce sont-là les deux seules composantes qui par le passé rehaussaient un minimum le niveau abyssal de la vermine humaine, même sous le regard luisant du terrible désespoir.
II. Les idéologies de cabinet
N'en déplaise aux légions d'humanistes de tout bord, il n'est pas possible sans être hypocrite de considérer notre race comme présentant la moindre qualité. Les moins vaniteux d'entre-nous se font d'ailleurs une joie de le rappeler en expliquant que le passé humain s'assimile plus à un mauvais rêve qu'autre chose (Joyce, Green). Pour s'en convaincre de façon plus graphique, il suffit d'allumer n'importe qu'elle chaîne d'information lors d'une séance « no comment » et de se délecter de notre nature raffinée devant le spectacle d'une excision en direct, ou peut-être appréciera-t-on plus son soda glacé favori face à la glotte desséchée d'un petit tiers-mondiste le nez plein de colle ? Peu importe au fond, car même sans conjurer d'horreurs supplémentaires chaque humain, sans être nécessairement un puits de ténèbres absolu, réalise que la grandeur d'âme dont nous gave toute bonne histoire n'est qu'une brillante illusion aussi éloignée des âmes qu'Andromède du soleil.
Malgré tout, on ne peut pas sans mauvaise foi nous reprocher de ne pas toujours avoir cherché l'amélioration. Si l'être humain est un monstre de façon constante depuis qu'il existe, il a toujours cherché à l'être de façon au minimum régulée, sinon limitée, voire même complètement réprimée. Notre passé est d'ailleurs plein de frustrations. Les humains ont de tout temps utilisé l'idéologie comme outil d'organisation de leurs cochonneries. Peut-être ceci a-t-il était fait par simple instinct de conservation, mais on ne peut en nier la valeur fondamentale. Et peu importe au fond le contenu particulier de telle ou telle autre construction idéologique. Ce qu'il est vital de retenir ici est que l'homme a toujours cherché à se limiter pour s'extraire de sa propre condition.
Évidemment, ceci n'a dans le meilleur des cas fait que limiter les souffrances ou les a cantonnées à certaines catégories particulières de personnes. On peut penser notamment aux noirs pendant les douceurs du colonialisme ou encore aux femmes dans le cas plus pernicieux des systèmes de pensée islamique. Et pour ne laisser personne dans l'innocence, mentionnons aussi les palestiniens face l'agression territoriale israélienne.
À ce stade, beaucoup diront qu'il est abjecte de défendre les idéologies au vu notamment de notre passé. C'est-là une réaction post-1945 tout à fait classique et tristement stupide. Après la petite sauterie organisée par les régimes totalitaires, il a en effet été décidé par les capitalistes anglo-saxons d'éviter toute décadence future en simplement interdisant toute création idéologique réelle pour l'avenir. Si l'idée paraît simple, son exécution fût géniale, force est de l'admettre : avec l'échec des dictatures en tête et anticipant un monde sur-communiquant, les vainqueurs aux dents pourries ont tout simplement sponsorisé de faux prophètes se prenant pour de vrais engagés. C'est ainsi par exemple qu'est né le soit-disant mouvement homosexuel, qui s'est rapidement mué en communauté revendicatrice d'un « droit à l'enculage ». C'est aussi comme cela qu'ont commencé les joies du mondialisme et avec lui du droit d'exploitation globale des êtres. Bien sûr, il a là-aussi été nécessaire de créer une fausse philosophie pour justifier la saloperie. On a donc utilisé la peur des chambre à gaz pour créer une sorte d'exportation forcée du modèle social appelé démocratique partout dans le monde. En réalité, la mondialisation s'est construite sur le cadavre pourrissant de nos amis juifs. Le système a tellement bien fonctionné, que les Israéliens d'aujourd'hui commettent un génocide en quelque sorte sponsorisé par les cendres de leurs ancêtres. On pourrait s'étendre sur ces faux combats qui ont remplacé les vrais systèmes de pensée d'hier, mais la logique la plus élémentaire permet d'en saisir le principe et il s'agit pas ici de trop emmerder vos cervelles de moules, chers amis.
Certains oseront tout de même objecter qu'il existait des idéologies nées avant 1945 et ayant survécu la victoire alliée. C'était par exemple le cas pour le communisme, qui n'a survécu en réalité que car les capitalistes n'auraient jamais eu les ressources suffisantes pour couper la tête d'Hitler par eux-mêmes. Et on a vu comment l'affaire s'est terminée dans les années 1990 : effondrement de l'URSS face au rêve américain. Un moment assez noir de notre histoire ou un système d'esclavage des êtres insidieux triomphait d'un système, certes dictatorial, mais au moins idéaliste. Inutile d'ailleurs de mentionner les dommage collatéraux absolument colossaux de la guerre froide, qui a pendant près de 40 ans légitimé les fausses idéologies anglo-saxonnes pendant qu'on lavait les cerveaux à coup de cuisines tout équipées pour le femmes et de matchs de foot pour les hommes.
Et toujours sur la même lancée des sois-disant « vrais-combats », les suivantes de Simone de Beauvoir pourraient m'objecter que le féminisme est un exemple parfait d'idéologie pre- et post-1945. CONNERIE énorme ! Si il est vrai que le mouvement avait de bonnes raisons d'exister à ses débuts, il est également indéniable que son association avec le capitalisme de masse des les années 1960 n'a produit qu'un tas de fumier assez odieux. Pendant que des championnes de ligne dure brûlaient leur sous-vêtements, la philosophie sous-jacente du mouvement poussait la plupart des femmes à devenir de parfaites salopes, soumises au culte de l'image, friandes d'avortements et de divorces... le tout au nom de la fameuse liberté de disposer de son corps et d'avoir une « carrière d'homme ». Sans rentrer dans un débat spécifique, on constate aisément à quel point cette idéologie, réelle au départ, a été distordue en quelque chose d'odieux, toujours bien sûr avec l'onction magique de Buchenwald, apportée ici par la très désagréable Simone Veil, qui a honteusement utilisé la mort de ses ancêtres et amis pour justifier le droit des femmes à s'insérer une pince dans l'utérus pour en extraire les conséquences de leur lubricité. On lui glisserait bien un petit « mazel tov » quand même, non ?
Bref, les idéologies sont bien mortes et ont été remplacées par la non pensée, histoire que la mondialisation ne puisse être stoppée, histoire aussi que l'on puisse exploiter les êtres en toute bonne conscience, avec des crétins comme BHL nous expliquant à longueur de pages et d'interventions télévisées honteuses à quel point le monde est beau. Et toujours certains salauds particuliers s'adonnent à de fameuses fellations du capital... Il n'est dans ce contexte plus possible d'avoir de décadences communes dignes de ce nom, uniquement des chute individuelles pathétiques, isolées les une des autres, pendant que les hommes se meurent à coups de coca-cola et d'éjaculations devant la pornographie infâme du net. Ah ! Mes frères, Descartes disait « je pense, je suis », le capital nous impose un pus pragmatique « je ne pense pas, je ne suis pas mais je consomme quand même ».
À suivre :

III. L'art-diarrhéique

IV. En route vers le rien !


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