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Nuit Et Brouillard

Publié le 03 juin 2010 par Olivier Walmacq

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Genre :  Documentaire

Année : 1956

Durée : 30min

L'histoire : Documentaire-choc sur les camps d’exterminations de la seconde guerre mondiale, et la Solution Finale.

La critique de ClashDoherty :

Sorti en 1956, réalisé par Alain Resnais et co-écrit par Resnais et Jean Cayrol, narré par Michel Bouquet, Nuit Et Brouillard, que j’ai vu pour la prmeière fois à l’âge de 14 ans, en cours d’histoire-géo de 3ème (année scolaire pendant laquelle la seconde guerre mondiale est au programme), est un choc incontestable. Si Shoah de Lanzmann montre, pendant près de 9 heures, des témoignages toujours émouvants et prenants sur les camps, ce documentaire court n’en montre aucun.
Il montre des images d’archives en noir & blanc, mêlées à quelques images tournées au moment de la création de ce documentaire, en couleurs.
La musique bucolique qui accompagne quasiment tout le métrage rend encore plus terrible la succession d’images et les commentaires à la fois poétiques (Cayrol était poète, entre autres) et durs.

On ne sort pas indemne de ce documentaire qu’il faut à tout prix montrer aux adolescents (à partir de 13-14 ans, pas avant).
La dernière partie est vraiment horrible, une accumulation d’images, de scènes terribles, comme un cadavre nu et horriblement maigre, jeté sur un tas de corps, ou dans une fosse.. comme ces images des fours… ces tables, sur lesquelles se trouvent dentiers, et même un seau avec un tête…
Et, pire que tout dans un sens, ces officiers nazis, au procès de Nuremberg, qui disent ‘non coupable’, les uns à la suite des autres, cette bande d’enculés (excusez-moi si je suis vulgaire). Non coupable… Non coupable…’Je ne suis pas responsable’, dira cet officier…
Mais alors, qui est responsable ?
, voilà comment se termine le commentaire de ce documentaire saisissant, magistral et indispensable. 

En à peine 30 minutes, un film mille fois plus évocateur que les 9 heures du pourtant très grand documentaire de Jacques Lanzmann.
En une moitié d’heure, un film qui renvoie aux pâquerettes tous les films de fiction ayant été faits sur ce terrible sujet.
Quiconque ne l’a pas vu ne sait pas ce que signifie ‘faire son devoir cinématographique de citoyen’. Je méprise quiconque méprise ce film. 

Note : Ce n'est pas notable ; c'est au-delà d'une simple notation

La critique de Eelsoliver:

Comment évoquer un tel documentaire ? Difficile de parler de Nuit et Brouillard, réalisé par Alain Resnais en 1956... En dehors de ce qui nous est montré dans ce documentaire, il est important d'essayer de juger sa dimension et sa portée.
Longtemps après la fermeture des camps, et encore malheureusement aujourd'hui, certains doutent encore de l'existence des camps de la mort.

Ou tout du moins, certaines thèses tentent de remettre en question ce qui s'est passé. Réalisé essentiellement à base d'images d'archives en noir et blanc, Nuit et Brouillard ne montre pas seulement une réalité basée sur l'extermination des juifs.
Nuit et Brouillard va beaucoup plus loin dans sa réflexion.

Là où Alain Resnais frappe très fort, c'est lorsqu'il évoque la vie dans les camps... Enfin... la vie... C'est un bien grand mot.
Mais on pourrait comparer cela à une sorte de cité de la mort. Bien sûr, Nuit et Brouillard montre comment les juifs sont traités: leurs cheveux sont coupés, ils n'ont plus de nom, porte un numéro d'immatriculation tatoué sur le bras, ils ne possèdent plus rien et sont obligés de travailler au service des nazis.

La souffrance n'est pas que physique, elle est également psychologique et passe par l'humiliation. Ainsi, la mort devient une industrie pour les nazis.
Les os des cadavres sont récupérés pour faire du savon, la peau des juifs est également utilisée pour la confection d'autres objets...
Oui je sais, ce que je décris est parfaitement horrible (le mot est faible...), mais c'est aussi pour cette raison que je parle de véritable industrie de la mort, de l'extermination et de la terreur.

Peu à peu, les juifs meurent de faim et certaines maladies commencent à se répandre, notamment le typhus. D'autres prisonniers sont utilisés pour servir d'expériences médicales, scientifiques ou biologiques. Images et photos à l'appui...
Ensuite, les officiers nazis ont des logements à l'intérieur des camps. On trouve donc des endroits de débauche dans lesquels certaines juives considérées comme "séduisantes" (mon dieu, c'est horrible d'écrire ça mais c'est ainsi que les camps fonctionnaient...) sont exploitées comme des sortes de prostituées.

Comme je l'ai déjà évoqué, la vie à l'intérieur des camps nous est détaillée. Cela laisse forcément un sentiment de honte, de malaise et de culpabilité.
Cela donne également un regard peu reluisant sur l'humanité, sur ce que l'homme est capable de faire en temps de guerre et de massacre.
Nuit et Brouilllard reste donc un documentaire essentiel, un témoignage sordide et infiniment triste de l'Histoire au service du Travail de Mémoire.

Note: une note est-elle convenable ? Allez, 100/20...


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