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Belle échapée !

Par Borokoff

A propos de Sweet Valentine d’Emma  Luchini 3 out of 5 stars

Belle échapée !

En France, le road-movie sentimental et burlesque entre Ivan, un escroc sans envergure et un peu paumé et Sonia, sa voisine, joueuse de contrebasse et tout aussi perdue. Ivan a du embarquer malgré lui Sonia dans ses aventures « merdiques » mais la déteste. Quant à Sonia, elle est au contraire tombée folle amoureuse de son bandit « looser ». Prête à tout pour le sauver…

C’est un film à la fois loufoque et grave, porté par un Vincent Elbaz (Ivan) très bon mais que l’on regrette de voir si peu souvent jouer. Sweet Valentine est drôle surtout et regorge de bonnes idées et d’originalité dans son scénario. Entre personnages absurdes, tantôt truculents (un Belge, fils caché d’Ayrton Senna) tantôt cocasses dans leur marginalité (un quadragénaire déprimé vit retiré dans un château), Sweet Valentine joue habilement des décalages de ses situations et d’une forme de « nonesense » qui est sa philosophie.

C’est une histoire d’amour, le portrait de deux « loosers magnifiques », sortes de Bonnie and Clyde grotesques, où l’on peut voir de l’ironie et une forme de dérision évidentes. Mais Sonia et Ivan ont aussi un charme profond. Qui fait son sérieux. Ivan est un personnage attachant, solitaire, qui a souffert d’une enfance privée de parents. Sonia donne des cours de contrebasse mais c’est une rêveuse qui attend le prince charmant. Tous deux attendent comme un miracle pour sauver leur vie.

Mais le prince charmant est en l’occurrence un « raté » qui bat Sonia et préfère mourir seul dans son malheur plutôt qu’ouvrir les yeux sur la seule femme qui l’ait jamais aimée. Romantique, Ivan l’est jusqu’au bout des doigts. Ecorché vif au fond plus malheureux que méchant.

Le duo de personnages fonctionne bien dans cette alchimie entre la misère affective d’Ivan et l’amour que lui porte malgré tout Sonia (Vanessa David). Ces deux-là fuient la vie comme ils l’aiment mais Ivan est tout proche de renoncer. Derrière l’absurde, Sweet Valentine cache un lyrisme subtil comme dans la scène où Ivan danse « bourré » avec Sonia qui lui confie qu’il est l’homme avec lequel elle a préféré coucher. « Mais on n’a jamais couché ensemble », lui répond-t-il…

Plutôt réussi, Sweet Valentine déçoit en revanche par sa chute. On aurait aimé que Luchini (fille de l’acteur) aille peut-être encore plus loin dans le grand n’importe quoi de cette échappée existentielle. Deux paumés en pleine crise mais qui, en s’aimant, retrouvent les pieds sur terre…

www.youtube.com/watch?v=o9JXYV66UR0


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