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Au coeur de ma subjectivité

Par Venise19 @VeniseLandry

Au coeur de ma subjectivité

Bon, je me dépose enfin. Comme je tiens toujours mes promesses, eh bien, je vous reviens avec mes impressions sur la conférence de presse des Correspondances d’Eastman où étaient invitées, entre autres, l’auteure de Ru, Kim Thuy. Plusieurs personnes étaient présentes, mais je vous amène vers ce qui m’a laissé une forte impression.
J’ai été frappée par l’exubérance de cette écrivaine, Kim Thúy. Elle nous a adressé la parole ; un débit rapide, rebondissant d’une idée à l’autre, sans aucune feuille de route, elle semblait y aller d’un « au pire, ou au mieux, je dirai tout ». Une bombe d’énergie verbale ! Au cas où elle aurait une panne d’inspiration, j’imagine, elle avait apporté le livre « Les Murs » d’Olivia Tapiero, qu’elle a tenu entre ses mains tout au long de son allocution. Ce n’est qu’à la toute dernière minute, déjà éloignée du micro, qu’elle a laissé échappé un convaincant : « c’est super bon, ce roman ! ». Va sans dire mais je le dirai, elle a complété ma conquête de désirer ainsi, généreusement, pousser un premier roman québécois.
Elle est excitée par ce qui lui arrive, et ça se comprends. Réclamée un peu partout, son « Ru » l’amène de par le vaste monde. Cette journée-là, le 2 juin, elle quittait pour la Suisse, et juste avant de partir pour Eastman, elle avait reçu un appel vérifiant ses disponibilités pour un Concours qui récompense à la condition expresse que le lauréat soit présent pour recevoir son Prix (désolé, je n’ai pas saisi lequel). Il y avait donc beaucoup d’excitation dans l’air !
Je ne crois pas me tromper en avançant qu’elle est un peu dépassée par l’ampleur de son succès. Pour reprendre le thème des Correspondances, ce serait pour elle une "rencontre inespérée" avec le succès. Elle nous a d’ailleurs parlé de la quantité de personnes qui l’ont encouragée, poussée, pour qu’elle le sorte enfin ce récit de vie emprisonné dans sa tête. Elle est très reconnaissante à tous pour la foi qu’ils ont eu en elle et elle l’a exprimé avec fougue. Avant d’être publiée, elle travaillait dans les cuisines d’un resto et nous a raconté plein d’anecdotes de cette époque, toutes plus drôles les unes que les autres. Elle adore faire rire, c’est clair qu’elle est une extravertie. On s’avouera, tout à fait entre nous, que les écrivains ne le sont pas tous.

Laissez-moi vous raconter ce moment magique de lecture. La charmante comédienne Macha Limonchik qui, elle aussi est absolument drôle (et sans le vouloir parfois !) a lu le début de Ru en présence de l’auteure. Dire que Kim Thúy écoutait serait bien en-dessous de la vérité, elle vivait le texte. Je l’avais sous les yeux, je la voyais très émue. Le dernier mot soufflé par Macha L., c’était à son tour de prendre la parole et je me suis sérieusement demandé si elle arriverait à avaler le « motton ». Elle aurait voulu faire semblant d’être au-dessus de l’hommage de cette lecture, qu’elle en aurait été bien incapable. Elle s’est dit bouleversée. C’était la première fois qu’elle entendait son texte à haute voix, il ne lui appartenait plus, ses personnages projetés hors d’elle, ses démons aussi. Elle a été jusqu’à éprouver la sensation que ces mots, c’était Macha Limonchik qui les avait écrits ! Vous voyez combien elle vit à fond ? Cette intensité plaît, attire, trouble. Danièle Bombardier, animatrice de ce moment fort a laissé tomber « Dommage que ce ne soit pas moi qui vous interviewe aux Correspondances ! ». Effectivement, ce ne sera pas Danièle Bombardier, et au cas où vous voudriez le savoir, ce sera Myriam Wojcik qui fera s’épancher Kim Thúy, aux côtés de Marc Levy et de notre dame écrivaine d’Eastman, Louise Portal. Une diversité telle, que je frétille de voir ce que cev cocktail d’énergies va donner.
Pour revenir à la conférence de presse, parce que si on dit "presse" c’est que la presse est supposé y être, et c’était le cas, le plus merveilleux est que dans ce sympathique resto d’Eastman « Les trois Grâces », on oublie les caméras, les journalistes qui prennent des notes, c’est l’intimité de l’endroit qui l’emporte. Faut le faire ! Une conférence de presse de village a un goût d’authenticité et de simplicité qui n’empêche pas l’effervescence.
Comme chaque année, je suis revenue enchantée, et dévorée par la hâte. Cette fois s’ajoute la hâte féroce de lire Ru. Aussitôt terminé Le champs des merles, que j’achève, je m’y plonge !

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