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Casanova et la vérité

Par Alain Bagnoud

diligence, peinture de Wilhelm von Diez du milieu du XIXème siècle
On se demandait ici si Histoire de ma vie n'était pas une sorte autofiction. Mais non. Le projet est clair: il s'agit bien d'une autobiographie et l'auteur a pour but de dire la vérité. Pas toute la vérité: Casanova passe par exemple sous silence les missions secrètes dont l'ont chargé les francs-maçons comme leurs ennemis les jésuites.

Mais dans ce qu'il veut bien dire, les erreurs, affirment les érudits qui l'ont traqué, viennent de la mémoire de Casanova, qui a tendance par exemple à regrouper systématiquement les divers épisodes autour d'un lieu.

Par exemple: le séjour à Londres. Tout s'est bien passé comme notre auteur l'a vécu, mais pas toujours dans le même ordre et selon la chronologie qu'il donne.

Bien entendu, si les événements ne sont pas arrangés, tout le monde sait que Casanova embellit et se donne le beau rôle. Dans la période que je relis, par exemple, 1763, il se montre riche, opulent, et bien entendu généreux avec tous, bienfaiteur des femmes qu'il séduit et s'occupant avec charité des maux de ses ami(e)s.

Or, les documents, notamment ceux retrouvés à Dux où Casanova a terminé sa vie, montrent qu'il avait des problèmes d'argent, qu'il a dû mettre ses bijoux en gage, etc. Le texte n'en dit rien: les faits ne cadraient pas avec l’image que notre aventurier voulait donner de lui.


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