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Le troc, une chance pour un mécénat plus démocratique

Publié le 10 juin 2010 par Monartiste

Le troc, une chance pour un mécénat plus démocratique

Bonjour,

On connaît tous le troc, il a été longtemps dévalorisé dans un système capitaliste favorisant

toujours l’argent sonnant et trébuchant et tout particulièrement dans un marché de l’art préférant la spéculation à la valeur réelle des œuvres (ou encore le mécénat ayant comme tête de gondoles…), mais là encore c’est un autre débat….Mais voilà, face à la crise financière, la donne est bouleversée, les investisseurs se sont volatilisés et les collectionneurs ont vu leur argent fondre comme neige au soleil.

Et revoilà le troc, l’échange, si vous voulez, qui revient sur le devant de la scène à travers des foires d’art exposant des œuvres éligibles au troc… Comment cela se passe ? Très facilement, les visiteurs inscrivent sur un post-it ce qu’il sont prêts à échanger à côté de l’œuvre de leur choix, l’artiste récupère les post-it et choisissent ou non d’accepter le troc…

La Foire Truc Troc à Bruxelles…

On ne peut évoquer les foires d’art contemporain basées sur l’échange, les relations humaines et sur ce que l’on appelle le mécénat démocratique sans mettre en lumière l’initiative de Mon de Rijck et Charline Mahy, qui en 1972, lancèrent la première foire Truc Troc au château Malou à Bruxelles.

Petit historique et présentation… (Tiré du site internet Tructroc)

En 1971, de jeunes artistes ont décidé de se grouper pour défendre deux principes, d’une part celui de s’apporter une aide effective et d’autre part, celui de donner au grand public la possibilité de les connaître et à travers eux de se familiariser avec l’art contemporain.

Le jeune sculpteur Mon De Rijck (Ninove 1943) est un ardent défenseur de ce mouvement.

Pour mieux promouvoir l’art de ses confrères, il crée le mécénat démocratique. Ce dernier organise pour les artistes des expositions gratuites et offre aux particuliers la possibilité de louer une ou plusieurs œuvres d’arts.

Le comité culturel de Woluwé-Saint-Lambert s’assure la collaboration du mécénat démocratique pour installer dans cette commune au Château Malou en 1972 la première galerie de prêts d’œuvres d’art (GPOA) en Belgique.

Plus de 200 artistes participent aux différentes activités dont le « Truc Troc » qui se déroule successivement au Woluwé Shopping Center, dans les différents centres de l’An-Hyp, au siège de la banque de Bruxelles à Gand, au Palais des Beaux-arts, en groupe de 2 ou 3 au château Malou, au prix « Madame Bollinger».

1975 : Le premier Truc Troc fut inauguré par les artistes Mon de Rijck et Charline Mahy au Château Malou et fut sans aucun doute une des expériences marquantes de la saison 1975 à Bruxelles. 200 artistes participèrent au premier « Truc Troc ».

(….)

Trente ans plus tard, Carl de Moncharline, fils de l’initiateur du projet reprend le flambeau et recrée l’événement en 2004, au Palais des Beaux Arts avec plus d’une centaine d’artistes contemporains dont certains présents lors des premières éditions.  Aujourd’hui, le succès de la foire ne se dément pas, en 2009, la foire organisée dans les salles du Grand Circuit du Bozard a rassemblé près de 20 000 visiteurs qui ont pu tenter le troc et découvrir près de 200 artistes sélectionnés. Cette 5e édition a marqué un cap et la société organisatrice dirigée par Carl de Moncharline se prépare à exporter son concept dans des grandes villes européennes.

Déjà à Paris

Le Mac Paris, dès son édition 2009, a tenté l’expérience dans son espace Troc’art et compte bien la reproduire lors de l’édition 2010 devant la participation satisfaisante des artistes, malgré leurs premières réticences et l’intérêt des visiteurs. Comme il le souligne cette nouvelle dynamique est un bon moyen de créer des liens entre artistes et amateurs, loin de la barrière que peut être l’argent et une autre approche permettant de créer le buzz.

Etrangement, on pourrait presque penser que la crise est une chance pour les artistes, du moins pour le mécénat et la démocratisation de l’art. La crise financière nous oblige à faire évoluer les échelles, à bouleverser les modèles économiques, à établir de nouvelles relations. Longtemps, l’état et les institutions publiques ont mis en avant les avantages fiscaux comme intérêt majeur de s’inscrire dans une démarche de mécénat, alors qu’ils ne peuvent être le moteur du don et ne peuvent intéresser que les grands comptes. Les avantages fiscaux n’ont jamais été vraiment déterminants dans le choix des entreprises à s’investir dans une démarche de mécénat et c’est d’autant plus flagrant aujourd’hui que les entreprises n’ont plus de liquidités. Ces nouvelles foires basées sur le troc ou encore les sites de financement participatif basés sur les contreparties peuvent donner un vrai second souffle au mécénat et pourquoi pas lui donner enfin une vraie dynamique et de nouvelles perspectives à la démocratisation de l’art.  Il est temps de pouvoir proposer un mécénat démocratique avec une volonté des entreprises de s’engager d’une manière citoyenne dans la culture, pour fédérer ses équipes, favoriser les énergies créatrices et valoriser leur image. Nous y sommes encore loin, les entreprises ont toujours de grandes difficultés à communiquer par l’art et ne prennent pas toujours bien en compte le bien-être de leurs employés.  Mais la dynamique est lancée, on peut déjà compter les succès, c’est à nous de continuer à la faire évoluer et à la faire vivre.


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