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El final de este estado de cosas, redux, Compania Israel Galvan

Publié le 13 juin 2010 par Onarretetout

igalvanLa vidéo d’une chorégraphie de Yalda Younès, sur une composition de Zad Moultaka, faite des bruits des bombes et autres déflagrations sur Beyrouth, et en hommage à Samir Kassir, assassiné au Liban en 2005, pose cette question : de la danse, de la vie, ou de la mort, qu’est-ce qui est le plus fort ?

A cette question, la danse d’Israel Galvan tente une réponse en parcourant l’Apocalypse de Jean, cet homme, quasi nu, abordant au rivage de Patmos, exilé, «frère et associé dans la détresse», et porteur d’une révélation, «car le temps est proche».

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Tout s’écroule autour du danseur, sur un plateau instable, comme si les références du flamenco devaient être renversées, comme si le monde en était à la destruction, mais quel danseur ! Cet homme, cette femme, en lutte, main tendue vers l’autre, est animé(e) des forces de vie qui battent le rythme du plus profond de soi, jusqu’à l’ongle, jusqu’aux dents. Traqué le moindre son, frottement des pieds au sol, puissance d’un groupe de heavy metal… Le flamenco est pourtant là, non comme le souvenir d’un temps figé, mais comme le moyen d’exprimer, au contact d’autres formes, la rage d’aujourd’hui, quand la guerre semble, partout dans le monde, s’amplifier, quand, partout dans le monde, séismes et catastrophes semblent réciter la prophétie de Jean. Le flamenco, comme énergie humaine, pourtant combattue, le flamenco, comme lucidité, cherchant en vain à faire taire les violons, le flamenco, jusque dans la tombe, parce que la mort a le dernier mot sans doute, mais qu’elle n’empêchera pas l’être humain, dont la mesure ici est le cercueil, de tambouriner, de résister, de proclamer sa révolte jusqu'à son dernier souffle.

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A deux ou trois reprises, au cours de ce spectacle, les larmes me sont montées aux yeux, quand, la terre ayant tremblé, le danseur piétine les éclats de verre au sol, quand, la ronde terminée, le danseur perfore le tambour et l’écrase, quand, enfermé dans le cercueil, il tourne et se retourne comme lorsqu’un cauchemar nous réveille au creux d’un lit, mais debout encore avant l’éclair.


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