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Solaire : l’omerta française

Publié le 10 décembre 2007 par Erwan Pianezza

Le code du silence cher à nos amis Corses a depuis bien longtemps dépassé les collines de Bastia : nuage de Chernobyl, coût global du nucléaire, sont parmi les sinistres chefs-d’oeuvre d’un silence d’état qui en dit long. Coté énergie alternatives, nous sommes aussi l’un des rares pays à accorder autant d’importance aux opposants, qui n’hésitent pas à passer à l’action violente pour faire passer leur principe de tranquilité bien curieusement invoqué contre les aérogénérateurs, quand les ravages de la circulation automobile ne mobilisent que quelques écologistes… Thierry Leperc, président de Solaire Direct, s’est exprimé à ce sujet dans le quotidien Les Echos de ce jour. Voilà des vérités qu’il fait bon redire, et qui témoignent toutefois d’une évolution heureuse du marché photovoltaïque en France, avec à la clé la création de milliers d’emplois dans une industrie durable. Extraits.

Le boom mondial de l’électricité solaire, principalement produite par des cellules photovoltaïques à base de silicium, est le secret le mieux gardé de France. En Allemagne, grâce à un soutien public jamais démenti depuis 2000, on s’apprête à franchir le seuil des 4 gigawatts installés (soit l’équivalent d’autant de centrales thermiques ou nucléaires), cent fois plus qu’en France. L’Espagne et l’Italie suivent depuis deux ans la voie tracée outre-Rhin.

En Californie, on assiste à une véritable mobilisation. Le gouverneur Arnold Schwarzenegger met en place un programme d’un million de toits solaires photovoltaïques. La Silicon Valley se passionne pour l’électricité solaire et investit plusieurs centaines de millions de dollars dans des sociétés pionnières des technologies à couches minces. Trois grandes compagnies d’électricité viennent d’annoncer des programmes d’investissements solaires pour plus de 2 gigawatts.

En Chine, une industrie puissante et rentable a surgi de zéro en trois ans grâce aux sommes levées en Bourse aux Etats-Unis, créant plus de 50.000 emplois et contribuant ainsi à reléguer notre champion national, Photowatt, du troisième au vingtième rang mondial.

A Abu Dhabi, une ville entièrement solaire de 50.000 habitants va sortir de terre et une part importante des surplus du pétrole va être investie pour créer une industrie solaire de taille mondiale.

A Thalheim enfin, en Allemagne, les dirigeants de Q-Cells, société devenue le numéro deux mondial de l’industrie photovoltaïque, se préparent à investir un marché qu’ils chiffrent en milliers de gigawatts, en travaillant à réduire les coûts de l’électricité solaire au niveau de ceux des autres énergies, ce qu’ils envisagent d’ici quelques années.

Et en France ? Comme les nuages de Tchernobyl, les nouvelles sur le boom de l’électricité solaire semblent s’être arrêtées sur la ligne bleue des Vosges. On se congratule en s’imaginant, comme dans un rêve, en pointe sur les énergies de demain et la lutte contre le changement climatique. Pourtant, au même moment, loin des projecteurs, et à la faveur de dispositifs mis en place en 2006 (tarif de rachat, crédit d’impôts), la vague de l’électricité solaire est en train de gagner le pays profond.”

Suite de l’article : http://www.lesechos.fr/info/analyses/4658886.htm


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