Magazine Cinéma

Critique : "Eyes of war"

Par Dime

EYES OF WAR

De Danis Tanovic

Avec Colin Farrell, Paz Vega et Jamie Sives

Critique :

Mon avis : ««

Souvenez-vous, c’était en 2001... Le réalisateur bosniaque Danis Tanovic avait mis le monde du cinéma en émoi avec l’excellent "No Man’s Land", long métrage multi-primé qui suivait la rencontre de deux soldats, l’un serbe, l’autre bosniaque. Lorsqu’on lui propose le projet "Eyes of war" juste après cette consécration internationale, il le refuse immédiatement, lassé des histoires liées à la guerre, jugeant que l’intrigue dépassait les seuls enjeux du genre. Il lui faudra une longue parenthèse temporelle avant qu’il ne reprenne l’œuvre en main. Gravitant cette fois dans les régions chaudes du Kurdistan –le film a été tourné entre l’Irlande et l’Espagne–, "Eyes of war" piste Mark et David, deux photographes de guerre en mission. Loin de sa femme, isolé, fragilisé par un métier difficile et risqué, David décide de tout plaquer pour rentrer à Londres. Mark préfère cependant rester sur les lieux dans l’attente du cliché parfait, que s’arracheront les rédacteurs en chef européens depuis leurs jolis bureaux. Victime d’une embuscade, il est grièvement blessé et atterrit dans un hôpital de fortune où il apprend la disparition de son ami.

Danis Tanovic connaît la guerre parce qu’il en a vécu les réalités, les horreurs. On le sait. Seulement, il ne parvient jamais dans cette œuvre à sortir d’une démarche beaucoup trop démonstrative. A force de surligner et d’appuyer les moindres émotions, il plombe son propos et le dénue totalement de sa sève. Nous savons tous que la guerre, c’est pas bien et que le journalisme de guerre, c’est dangereux. Nul besoin donc d’en expliquer les enjeux à chaque instant. Fort heureusement, cette approche maladroite est rattrapée par l’impressionnante prestation de Colin Farrell, qui n’a hésité à perdre 20 kilos pour être au plus près de son personnage. Les scènes qu’ils partagent avec Christopher Lee (génial en psychologue passé maître dans l’art de déculpabiliser les criminels du régime franquiste) sont particulièrement intéressantes. Loin d’être un raté, le film déçoit malgré son dernier tiers émouvant.


Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Dime 22 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Dossiers Paperblog

Magazines