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La maladie de la mort

Par Liliba

Marguerite DURAS

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Un homme  dont on ne sait rien paye une femme, qui pourtant n'est pas une prostituée, pour qu'elle accepte de se soumettre à lui pendant plusieurs jours. Elle se retrouve donc dans une chambre, au bord de la mer, nue dans le lit, se soumet à son désir, dort beaucoup, parle un peu avec lui quand il le lui autorise. Pendant ces quelques jours et nuits, il va la regarder, la toucher, lui faire l'amour, pleurer sur elle et sur lui-même, essayer peut-être de l'aimer. On ne sait rien d'eux sauf ce qu'elle lui répète : qu'il est atteint de la maladie de la mort...

Un livre qui m'a laissée totalement perplexe ! Je viens de lire un commentaire dans lequel on parle de l'homosexualité de l'homme, je n'y avais même pas pensé à la lecture, tant les deux personnages restent mystérieux, ou alors j'ai zappé une phrase... On ne sait rien d'eux, sauf que l'homme semble être dans une détresse psychologique profonde et qu'il imagine se sauver, ou accéder au bonheur ou tout du moins à un mieux être au travers de cette relation tarifée.

J'ai dû ne rien comprendre, car je n'ai ressenti absolument aucune émotion, rien qui ne me touche de près ou de loin. Je n'ai pas saisi où l'auteur veut nous mener ni quelle est la finalité de cette expérience pour le moins particulière... Est-ce une réflexion sur le désir, l'impuissance du désir sans amour, l'intervention de l'argent dans les relations amoureuses, le commerce des corps, le fantasme, la soumission de la femme au désir de l'homme ?

Il me semble que l'auteur ne fait qu'effleurer de très loin tous ces sujets, qu'elle s'amuse juste à jeter sur le papier quelques lignes pseudo-érotiquespseudo-érotiques, quelques réflexions qui se voudraient psychologiques, sans queue ni tête, sans fil conducteur, histoire de remplir quelques pages et, grâce à sa notoriété déjà acquise, se faire à nouveau publier... Je ne vois aucune maîtrise ni de l'intrigue ni de l'écriture, les mots sont froids comme la situation factice, on dirait un mauvais film pas terminé, mais où sont présents de grands mots qui cependant ne cachent pas la platitude de l'ensemble...

Je n'ai pas du tout non plus rencontré l'érotisme sensé ressurgir du texte, vanté dans certains commentaires de la presse... Ce n'est pas parce qu'on parle de sexe qu'on arrive à en faire ressortir, au choix : la beauté, la violence, la barbarie ou le summum du plaisir... Quand au style, eh bien, c'est du Duras, et ce n'est pas ma tasse de thé ! Ça sonne creux de bout en bout... verbiage de celle qui s'écoute parler et trouve son monologue passionnant... Mais je vais m'attirer les foudres de la moitié ou plus de la blogosphère à continuer ainsi... je sais qu'elle est une auteur reconnue, voire adulée, mais vraiment, ma sensibilité doit être trop différente de la sienne (et de celle d'une bonne partie des lecteurs !) pour être touchée par ses textes. J'avais en son temps détesté L'amant (mais peut-être lu trop jeune, à relire donc, pour une étude plus mature) ainsi que Moderato cantabile.

J'ai par contre été extrêmement amusée par les dernières pages, recommandations de l'auteur sur ce qu'il conviendrait de faire au cas où on voudrait transformer le texte en pièce de théâtre. Indications scéniques, jeu des acteurs, décor, son et lumière, tout y est, sauf que je vois mal comment un texte aussi creux et inintéressant peut devenir une pièce et tenir en haleine une ou deux heures durant un parterre complet de spectateurs attentifs... Quand à en faire un film, alors oui, pourquoi pas, dans le genre navet, le scénario me semble parfait...

Le seul avantage de ce livre est qu'il se lit à toute vitesse (et heureusement !).

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Un livre proposé par Cynthia pour le Prix Quoi de 9, cru 2010 (désolée chère Cynthia, de ne pas avoir adhéré à ta proposition de lecture, mais là, c'était viscéral !!!).


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