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Permis de retraite, conduite à droite ou conduite à gauche ?

Publié le 18 juin 2010 par Ruminances

Posté par lediazec le 19 juin 2010

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Nous y sommes : l'avant-projet de loi de réforme des retraites est là. Dire que la consommation de salive est en nette augmentation depuis que nous en avons pris connaissance est un truisme.

Ceux qui savent, ceux qui ignorent, ceux qui croient savoir, ceux qui ont peur, ceux qui n'ont pas grand-chose et ceux qui n'ont plus rien et n'espèrent pas davantage sont concernés par la mise à bas de tout un système. Tout le monde a son mot à dire, sa colère à souffler, son dépit à ravaler. Le gouvernement tient la corde, malgré les protestations vigoureuses des syndicats et de l'opposition de gauche. A droite aussi, ça couine un peu : il n'y a pas que des gens fortunés - stupides peut-être - qui votent à droite et pour Sarko en particulier : il leur a vendu, clés en main, un mirage sécuritaire en guise de projet de société.

A la lecture de ces propositions, le PS, par la voix de Benoît Hamon, n'a pas hésité un instant à claironner dans le poste : « si nous revenons au pouvoir, nous remettrons la retraite à 60 ans ! » Ça c'est envoyé ! Plus besoin de se raser, on va tous les coiffer !

De son côté, Martine Aubry, considère cela comme un acte « irresponsable », avant d'ajouter, pour donner de la consistance à son propos, un « et je pèse mes mots » lourd de sens.

La folle locomotive du débat est lancée à toute vapeur ! C'est qu'il y a urgence en la demeure !

Titine est remontée comme un coucou. Petite, mais costaude ! C'est avec une conviction retrouvée qu'elle tape du poing-poing sur la table : «Je le dis avec solennité, le PS aux côtés des organisations syndicales, va combattre le projet et proposer sa réforme». Ne te laisse pas faire Titine, les français veulent voir de quel bois se chauffe l'opposition ! Depuis le temps que le pays s'impatiente, espère une révolte qui ne vient pas !

C'est l'heure de l'union sacrée. Les plus pinailleurs, dans un élan d'enthousiasme responsable, ont mis de côté leur mauvaise foi récurrente : No pasarán ! Certains « contestataires » au PS ont même envoyé des SMS à la direction du parti pour dire qu'ils se tendraient à carreau !

Après l'euphorie unitaire, viendra le temps des engueulades entre la gauche molle, la gauche moyennement molle et la gauche très molle. Les uns et les autres - par médias interposés -, faisant fi des valeurs fondamentales des idées de gauche, s'arrangeront pour que le débat devienne bataille de chiffonniers, chacun hurlant à la trahison de son alter ego. Cela fait penser au partage au moment de l'héritage chez les grands bourges : tant qu'il s'agit de la petite vaisselle, tout va bien…

Mais, rassurons-nous, cet avant-projet de réforme n'est qu'une étape. Une approche, comme on dit. Une prise de température. Une astuce de sioux ! D'abord on discute, on palabre, on commerce et à la fin on coupe la poire en trois parts inégales : une pour les gros privilégiés, une pour le patronat, la dernière à répartir comme on pourra avec tous les péquenots restants. Le ciel est aussi grand que la misère qui s'annonce.

A moins que… la rue ne reprenne ses droits !

Une chose qui ne changera pas c'est les 62 ans qui, dans les faits, se traduira au petit bonheur la chance, certificat de pénibilité à la clé. Autant dire à la louche ! Les négociations vont durer longtemps !

Dans quelques jours, après des sévères prises de bec, les premiers vacanciers prendront le chemin pour la grande transhumance estivale. Avec ou sans vuvuzela, les manifestations de protestation d'avant départ ne feront pas tomber un gouvernement qui garde une carte sous la manche : la reculade. Mais il ne renoncera pas si nous ne l'obligeons pas. Il ne faut pas se raconter des carabistouilles.

Beaucoup diront que j'exagère. A peine. D'autres, prendront rendez-vous à la rentrée et parleront de la gomme usée sur le pavé pour mettre bas un président et un gouvernement qui affichent un gros discrédit !

Le moment de négliger nos vacances et de prendre pied avec le bitume est venu. Montrer à ce gouvernement de combinards que le citoyen est une personne humaine et non un troupeau de bestiaux qu'on fait paître au début de l'été dans les pâturages de montagne.


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