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The Constant Gardener : des comédiens virtuoses

Par Evelyndead

Celui-là est un vrai film de monstres - les labos pharmaceutiques, et certains d'entre vous savent ce que je pense de ces pauvres types. C'est dans le même temps un mélo terrible, plus ravageur encore que Le Patient Anglais. Ralph Fiennes et Rachel Weisz sont parfaits. Ralph Fiennes est toujours parfait.

Je n'ai jamais su résister à un bon mélo, ce doit être mon cœur de midinette. Le film de Fernando Meirelles est bien plus que ça, c'est une œuvre qui vous révolte, vous bouleverse, vous retourne et pour finir, vous tire toutes les larmes.
Justin Quayle est un diplomate anglais posté en Afrique, et le plus fade qui soit, uniquement préoccupé du sort des plantes qu'il cultive avec patience. Sa femme Tessa, bouillante jeune avocate, se voit en David et s'attaque, à l'insu de son mari, à un labo-Goliath qui teste ses poisons sur la population. Lorsque assassinée elle sera mise en terre, et que pousseront sur elle de belles fleurs africaines, alors seulement Justin l'effacé prendra-t-il la mesure de son aveuglement, en même temps que le flambeau de la lutte. Jusqu'à remonter le chemin vers son amour, et retrouver l'indomptable Tessa sur les rives sublimes d'un lac du désert.
Le sujet, ultra-contemporain, donne l'occasion d'un réquisitoire implacable. La mise en scène, époustouflante d'inspiration, nous laisse voir, quant à elle, l'abime qui peut séparer certains réalisateurs parmi les moins frimeurs (Meirelles, ici, mais on pense également à Paul Greegrass) de l'immense majorité de leurs coreligionnaires - mot compte triple. Il faut voir la manière qu'à Meirelles de jouer du tremblement de sa caméra, ou de ses changements de mise au point, pour enfoncer un peu plus son mélo dans un terreau documentaire qui doit lui être aussi naturel que l'air qu'il respire. Il faut voir ce que les monteurs font à partir de son découpage, pour imaginer leur jubilation en salle de projection. Et il faut voir ce que les comédiens donnent au film, pour comprendre le poids de leur conviction. Certaines séquences, comme celle du camp de réfugiés, sont tétanisantes de virtuosité, de nervosité, d'urgence, et Pete Postlethwaite est un géant, comme d'habitude.
Mettez de côté ce que l'affiche du film vous suggère. The Constant Gardener est l'un des films les plus importants de la décennie écoulée. Oui.
Evelyn Dead (un peu exaltée, je le confesse)


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