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Notes sur la poésie : De Signoribus, Gracq et Michon

Par Florence Trocmé

Je crois que la poésie, en plus de la mémoire et de la mélancolie, est aussi pressentiment..., une vaste mer, émotive et perceptive, devant laquelle celui qui naît témoin est nu... le langage poétique est le tissu qui se forme tout autour de lui et se développe, il est son vêtement

Eugenio De Signoribus, cité par Martin Rueff dans la postface de Ronde des conver s, Verdier,2007, p. 129

[Gracq] en fait la théorie [quand il parle du désir et de l'écriture] à travers une très belle métaphore. Il dit que certaines pages ou certaines phrases ressemblent à ces empreintes en terre réfractaire que l'on retrouve dans les fouilles archéologiques : des moules qui ont servi à couler des objets en bronze. Reste la concavité, la gangue et ses dessins, en creux. " Les ruines métonymiques de l'objet perdu ", disait Lacan. Quant à l'objet lui-même - ce autour de quoi le moule a été disposé - le temps l'a mangé, il a disparu. Là est la question : autour de quoi la phrase littéraire s'est-elle formée ? De quelle forme absente est-elle le témoin ? [...] Cette absence qui palpite, cet épanouissement qui se manifeste par une pure concavité, et l'appel à la plénitude que suggèrent les courbures historiées de ce vide intérieur "

Pierre Michon, le roi vient quand il veut, propos sur la littérature, Albin Michel, 2007, p. 362


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