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Bangkok:tuk-tuk à énergie solaire, l'avenir d'un symbole thaïlandais

Publié le 29 juin 2010 par Voyageurasie

Le tuk-tuk est un triporteur aussi bruyant qu'inconfortable, pataud dans les embouteillages et dévastateur pour la couche d'ozone.

Mais c'est le symbole de la Thaïlande, auquel un ingénieur de Bangkok s'efforce d'offrir un avenir. Morakot Charnsomruad, ingénieur de l'armée de l'air, a conçu un tuk-tuk à énergie solaire et tente désormais de le commercialiser. "C'est vraiment bien, facile à conduire, tout en douceur et silencieux. Tout le monde va vouloir le conduire", assure-t-il au guidon de son prototype, déjà vendu dans plusieurs pays à travers sa société, Clean Fuel Energy Enterprise. L'objet ressemble à s'y méprendre au tuk-tuk traditionnel. Le croisement génétiquement modifié d'une moto et d'un tricycle, équipé d'une boîte en fer blanc, un buggy urbain ouvert aux quatre vents, coloré et pittoresque. Face aux taxis climatisés souvent moins chers, aux moto taxis qui échappent aux embouteillages et au métro aérien qui traverse la ville en une demi-heure, le tuk-tuk semble condamné. Mais les Thaïlandais y tiennent. "La vie n'a pas de sens sans tuk-tuk", affirme même Prapai Hemsuwan, l'un des 8.000 conducteurs d'engins de la capitale. Il n'empêche. A l'heure où la planète toute entière s'interroge sur le réchauffement climatique et la montée des eaux, les émissions noirâtres qui sortent des pots d'échappements d'engins alimentés au gasoil ou au gaz posent problème. Morakot propose une batterie alimentée par des panneaux solaires montés sur le toit. Pas d'émissions toxiques, pas de bruit, une autonomie de 80 kilomètres, et une vitesse de pointe de 60 kilomètres heure, supérieure à ses concurrents traditionnels. De quoi contribuer à "révolutionner le mode vie de Bangkok", estime Tara Buakamsri, militant de Greenpeace. "Les tuks-tuks peuvent être les pionniers d'un système de transport plus efficace et plus sain à Bangkok et dans le reste du pays". Reste à vaincre les questions légales et financières. Les autorités ont gelé depuis 2008 la distribution de licences de tuks-tuks, et elles doivent déterminer d'ici trois ou quatre ans les nouveaux standards de pollution pour l'ensemble du parc routier du pays. Le pouvoir est aussi conscient des difficultés financières auxquels font face les conducteurs, dont certains font fonctionner leur engin à l'huile de cuisine. "Ils ont des revenus très bas, donc si nous sommes trop stricts, cela va être très compliqué pour eux", admet un fonctionnaire.

Aujourd'hui, un tuk-tuk solaire coûte 320.000 baht -- près de 8.000 euros -- contre 180.000 baht pour un modèle traditionnel. Morakot espère obtenir des subventions des autorités pour pouvoir baisser ses prix.

L'essentiel est de s'assurer que cet emblème du pays, importé du Japon dans les années 50, menacé par une interdiction dans les années 60 et aujourd'hui indissociable de la Thaïlande, puisse continuer d'exister. Lorsqu'il était au pouvoir au début des années 2000, le Premier ministre Thaksin Shinawatra en avait offert un au dictateur zimbabwéen Robert Mugabe, espérant voir les tuks-tuks proliférer dans les rues de Harare. En vain.

Mais heureux présage, la semaine dernière, l'actuel chef du gouvernement Abhisit Vejjajiva s'est fait photographier dans le prototype de Morakot. Par Kelly MACNAMARA/ Les echos, Info trouvée sur Lonely Planet Thaïlande


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