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Problématique finale : telos ET eschatos

Publié le 29 juin 2010 par Tudry

Je compatis à toutes les souffrances de toutes les créatures de Dieu, en particulier à celles qui touchent à la plus magnifique d'entre elles : la personne (révélée par Christ, assumée par la Sainte Trinité) mais je m'oppose aux idéaux (je l'ai appris de Nietzsche) et aux idéologies. Me plaçant depuis longtemps sous le double patronage de saint Nil de la Sora (qui, par charité, s'opposa à la persécution des hébraisants – tout en condamnant spirituellement leurs égarements) et de Nicolas Berdiaev, « prophète de la liberté créatrice », je ne suis jamais « anti »; en aucun cas car, dans tous les cas, c'est le camp de l'antichrist ! Je me tiens avec les saints Pères (ce qui pour un orthodoxe exclu Augustin, Thomas d'Aquin à tout le moins dans leur « doctrine »), c'est-à-dire, dans une voie expérimentale, pour affirmer spirituellement l'Église nouvel et unique Israël. Mais, dans un monde déspiritualisé et auto-divisé par le prince qui le gouverne, qu'on ne me demande pas de choisir un camp, choisir un camp c'est trahir l'Église et commencer à élever les barrières de nouveaux camps. Pour les Pères, choisir c'est déjà être hors de la liberté, « le libre-arbitre est une indigence, conséquence de la chute, la vraie volonté, la vraie liberté est un élan total de l'amour-eros, intensité extrême de l'agapé... » (saint Maxime le Confesseur).

Moi, je parle en mon nom; et encore, non en mon nom, pas tant en mon nom qu'au nom de ce processus insensé mis à feu en moi, en mon nom, précisément. Processus qui met à mal le vieil homme et toutes ses convictions et croyances « naturelles » et rationnelles. Cette expérience intérieure vivifiante qui est ma vie inexpugnable, est en lien avec le verbe, celui des Ecritures, de la poésie, celui des saints Pères, celui, trahi et traitre de la littérature.

Dieu ne s'impose jamais, Il se retire, au contraire et laisse à l'homme l'incalculable infini de la liberté. C'est en liberté qu'il doit vouloir placer au centre de toute oeuvre (donc aussi politique) le Christ et l'Esprit... en dehors de cela tout est vain, tout est « vanité » en effet. Et violence, et contraintes, et haine de soi et de l'autre, conséquemment. Toute construction sera bâtie sur le sable de la sagesse humaine qui est folie pour la Sagesse de Dieu.

Je n'oublie pas Jérusalem et, comme je l'ai déjà écrit, le seul possible et unique vecteur d'unité authentique et pacifiante demeure la croix du Christ, instrument résumant toutes les souffrances iniques de tous et tous les meurtres purulents de tous et signe de la victoire terminale et totale sur la mort !

N'est-il pas significatif (c'est une question...) qu'au milieu de ces deux peuples qui se déchirent se trouvent « coincés » des chrétiens... ? N'est-ce pas là un « signe », et notre maître n'est-Il pas de Lui-même un signe de « contradiction » ?

Je ne saurais l'affirmer mais il me semble que cette terre-là continuera jusqu'à la fin (quoique tout dépende de l'orientation de la fin...) à être, précisément dans le grand désir de paix béate (millénariste) de cette technique-monde, l'épicentre de la guerre et de la violence armée.

Arguments contre arguments, histoire contre histoire, souffrance contre souffrance, justice contre justice, volonté contre volonté...

« Toute parole conteste une autre parole mais quelle parole contestera la vie ? »

Vous pouvez m'appelez philo-sémite, comme philo-tibétain, philo-arménien je suis aussi philo-arabe, si les mots ont un sens... mais je l'ai dit, « anti » jamais (ainsi je ne suis pas « anti-chinois » parce que philo-tibétain, et je ne suis ni philo-taoiste ni bouddhiste pour autant !!). Ainsi je ne suis pas sioniste et ne puis l'être ! D'une parce que, précisément il est des choses en dehors du « choix », de deux parce que je suis sémite car après chaque participation au précieux Corps ET au très précieux Sang de Notre Seigneur Jésus Christ, l'Église dit sur moi et mes frères et soeurs « Seigneur sauve TON peuple et bénis TON héritage », que nous soyons, ou pas, sur la terre d'Israel !

Je ne suis pas humaniste car, sans les différentes peuples qui la composent, l'humanité n'est rien. Elle n'est réelle qu'en Christ, c'est en Lui qu'il n'y a plus « ni Juif, ni Grecs, ni esclaves ni hommes libres... ». Hors de Christ ces différences, ces différents existent très réellement et la majorité des hommes et des femmes s'y trouvent aujourd'hui.

La milice, la justice franco-allemande, Vichy... exécutaient les résistants à la guillotine, signe tangible de la continuité dans la division. Vichy, comme le nazisme, comme le communisme, tous héritiers des Lumières et de la révolution française se disputaient l'héritage comme des enfants mauvais et jaloux, comme des hommes seulement, bêtement hommes, tellement hommes qu'ils se couchèrent plus bas que les bêtes... Et pour tous (quelques puissent être les très bons et subtils arguments contraires des spécialistes), pour tous la volonté unique d'un monde meilleur. Leurs arguments, leurs idéologies ne furent que les atours divers et variés de cette même et unanime volonté humaine, tellement trop humaine de justice, de bien-être qui, nécessairement, passe par la case élimination, et peut importe, au fond, de quoi ou de qui. Au nom du « bonheur » (ce mot qui aujourd'hui devrait résonner aux oreilles de ceux qui en ont pour entendre, comme le plus terrible des fléaux) chaque camp fourbira SON argumentation, SA justice, SA raison et... s'il ne sort pas de cela, éternellement il aura, de son point de vue, éternellement raison !

L'Israël historique attendait le Messie comme libérateur politique et religieux, mais, avant tout politique ! Il devait libérer Israël et le faire dominer sur les nations selon une orientation « politique ». Or, le Christ vint et dit « Non » ! C'est spirituellement que les nations seront Israël qui fut, pour elles, un signe et un signe de contradiction.

La Bible, que vraisemblablement ce monde en sa forme (informe) contemporaine ne craindrait pas de trouver antisémite (tant il la hait au fond) dit : « Je les livrerai pour être chassés ça et là par tous les royaumes de la terre pour leur malheur, pour être en opprobre et en proverbe un objet de raillerie et de malédiction. » Jérémie XXIV,9.

Dispersion qui sera aussi la chance de ce monde, dispersion qui devait aussi permettre la diffusion de la cure terminale apporté par le Verbe fait chair...

Le national-socialisme, oeuvre de ce monde, a désiré s'opposer au plan divin; à la Parole du Seigneur de Gloire, l'Eternel des Armées. Par l'extermination concentrée du peuple juif dispersé... par l'unification de l'Europe par « élimination ». Le peuple juif disséminé devait être rassemblé, concentré mais en « terre étrangère » et non par la Parole divine mais par la Technique-monde, nouvelle puissance et instance messianique. Le plan eut-il fonctionné à son terme, nul doute que l'Église, nouvel Israël aurait été la suivante victime propitiatoire, et conquérant la Russie (ou s'alliant à nouveau avec elle) s'aurait été la concrétisation de l'Empire eurasiatique païen ! « L'échec » aura pour conséquence de poser une nouvelle division néguentropique : unification de l'Europe par néantisation des états-nations – création hors d'Europe (pour son unification) de l'état-nation d'Israël... Ce fut, une élimination... de toute façon !

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