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Beau récital de Racha Arodaky à l'Orangerie de Bagatelle

Publié le 05 juillet 2010 par Philippe Delaide

Concert dimanche 27 juin dernier à l'Orangerie de Bagatelle dans le cadre du 27ème Festival Chopin. Racha Arodaky interprète Haendel, Schumann et Chopin.

Dans cette "longère" vitrée qu'est l'Orangerie de Bagatelle et dans laquelle la moindre note de piano est restituée avec une rare dureté, par plus de 30 degrés à l'ombre, Racha Arodaky entame son programme à bras le corps avec deux suites de GF Haendel (Suite N°5 en mi mineur HWV 438, Suite N°8 en fa mineur HWV 433). Ces suites sont tirées du superbe disque qu'elle a enregistré et sorti fin 2009 sous son propre label Air Note, et dont j'ai parlé à plusieurs reprises (cf. note du 28 septembre 2009).

Arodaky Racha 20091121
Racha Arodaky dépasse les conditions particulièrement difficiles dans lesquelles elle joue son récital en nous proposant son jeu coloré, sensuel avec un toucher délicat. Comme dans son disque, elle nous permet d'entrer dans la richesse du contrepoint de ces superbes compositions de GF Haendel avec toutes les nuances que le piano moderne permet de restituer.

Elle enchaîne ensuite avec un programme délicat dont l'accès n'est pas des plus immédiat pour l'auditeur : Les chants de l'aube de Robert Schumann. Elle déroule la trame narrative des cinq mouvements de cette forme singulière, nous révélant avec une finesse certaine les différents tourments transcrits par le compositeur.

Deux Nocturnes de Frédéric Chopin viennent apporter la touche aérienne et poétique que l'on attendait après la sensation de confinement que restituait la pièce de Schumann : le Nocturne en fa majeur opus 15 N°1 et le superbe Nocturne en fa dièse mineur, andantino, opus 48 N°2, particulièrement bien interprété. Lors de ce nocturne, le silence de la salle, d'ailleurs bien remplie, était particulièrement marqué, traduisant cette attention, ce temps suspendu que l'on recherche dans tout concert.

Racha Arodaky termine avec trois Mazurkas opus 59 (en la mineur, Moderato, en la bémol majeur, Allegretto, en fa dièse, Vivace), non sans mérite, compte tenu du contraste formel qu'elles représentaient par rapport aux Nocturnes précédents.

Le public conquis a demandé un rappel qui s'est traduit par deux bis, dont un consacré au superbe et méditatif Menuet en sol mineur extrait de la suite N°1 HWV 434 cahier N°2 de GF Haendel. Lors de l'exécution de ce bis, une femme une rangée avant moi, les yeux fermés, se délectait de retrouver cet air familier en dodelinant de la tête sur les cadences de ce Menuet. Il fait certainement partie des nombreux mélomanes charmés par la beauté du toucher et la délicatesse de jeu de Racha Arodaky.

Je vous propose ce lien vers la chaîne youtube de la pianiste où cette dernière évoque Haendel après l'interprétation de ce menuet d'introduction.

Très beau concert d'une interprète dont on ne soulignera jamais assez le talent et qui s'est affranchie avec classe d'une température suffocante et d'une acoustique malheureuse.


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