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Les SMAC font-elles leur taf ?

Publié le 16 décembre 2007 par Sami Battikh
SMAC. Comprenez Salle de Musiques ACtuelles. Un maillage de lieux conventionnés par les collectivités territoriales, avec un cahier des charges précis pour répondre à une offre et une demande importantes. Pour en citer quelques unes : depuis à la première du Florida à Agen, jusqu’à la Carène, nouvelle Smac de Brest, en passant par l’Olympic à Nantes, La Laiterie à Strasbourg, le Confort Moderne à Poitiers, etc. Voilà pour l’état des lieux.
Pas question ici d’en faire le procès, mais plûtot d’interroger certaines mauvaises habitudes prises par ces salles. Tiens, par exemple, quelle diversité des esthétiques ?
C’est probablement là que le bât blesse. Et qu’un vrai coup de gueule mérite d’être lancé. Pourquoi ? PARCE QUE ! Il est désormais temps d’ouvrir l’œil, et le bon : c’est peu dire que la culture hip-hop est sous-représentée dans la programmation des salles. Malgré les discours de façade, volontaristes mais démagogues, les chiffres parlent pour eux : le rap représente 3,8 % des spectacles produits en Smac en 2006, selon l’Institut de Ressources des Musiques Actuelles. Comme c’est moche.
Les raisons de cette situation sont d'abord à trouver dans la façon dont se sont historiquement construites les Smac. Ce sont principalement les courants rock, punk et chanson qui ont fait entendre leurs revendications, leur soif de reconnaissance à l’échelle publique. Aujourd’hui, les traces de cet héritage sont fortes. L’electro se fait également une place au soleil, petit à petit. Mais le rap, non. Comment un genre aussi riche et pratiqué que le rap est-il, si ce n’est ignoré, du moins invisible dans les Smac?
Pour un début de réponse, un exemple sufira. L’un des plus grands talents du rap lyonnais, nommé Expérimental (en photo), a présenté son travail auprès d’une salle de l’agglommération (dont nous tairons le nom pour éviter la délation), pour y demander une résidence et une première partie. Extraits d’une discussion surréaliste, aussi caricaturale que véridique :
-   Bonjour, j’aimerais disposer d’une résidence pour monter mon spectacle. Je n’ai jamais eu accès à votre salle. Pourtant, j’ai un disque, un public, et un projet.
-   On aime ton travail. Mais désolé, on ne peut pas t’accueillir, nous sommes une salle de musiques actuelles.
Tout est dit. Et pourtant, ce mec a beaucoup de choses à dire. Alors, qu’entend-t-on exactement par musiques actuelles ? Il nous faudrait au moins six pages pour en débattre ici, pour au final ne pas être d’accord. Mais disons que cette appellation mériterait sans doute d’élargir sa vision.
On ne va pas non plus passer pour d’aveugles donneurs de leçons, tant ces salles sont avant tout le reflet d’un constat plus large et qui les dépassent, qui intégre également l’économique, l’urbanisme, etc. Restent ensuite la fainéantise et les idées arrétées de certains programmateurs. Mais le réseau hip hop se structure de mieux en mieux, les initiatives et dispositifs se multplient. Souhaitons qu’en 2008, et c’est une résolution Sourdoreille, le rap et plus généralement les cultures hip-hop auront davantage le droit de cité.  

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