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La singularité historique des oeuvres d'art contemporaines

Publié le 19 juillet 2010 par Paule @patty0green
Une petite réflexion, vraiment presque rien, me vient à l'esprit, toute liée à l'effet de présence des œuvres hypermédiatiques ou de toutes œuvres d'art contemporaines. Les oeuvres d'art contemporaines sont marquées par une réflexion sur leur propre dispositif. Un héritage du modernisme, sans aucun doute, mais qu'il faut entrevoir de manière plus élargie, c'est-à-dire, non seulement comme une réflexion sur le médium, mais également sur tout le dispositif que représentent le média, le musée et par extension, l'histoire de l'art. Les artistes s'approprient l'histoire de l'art, la recréent, la manipulent et nous historiens d'art, que nous restent-ils à faire?
Mettre en valeur cette singularité historique que chacune des œuvres comportent, car nous n'avons pas le choix. Mais il faut y participer à cette singularité, avec notre imaginaire, sans quoi nous ne faisons que traduire ce qui se trouve déjà là, dans l'œuvre, dans l'intention qui en est à l'origine.
L'exposition Les lendemains d'hier présentées au Musée d'art contemporain de Montréal évoque très bien mon propos ici. Les oeuvres y intègrent toutes un "discours" sur des oeuvres modernistes et de cette manière, elles engendrent une conscience historique "singulière". Mais attention! L'historien d'art ne peut simplement énoncer ce fait pour étaler ses connaissances. Des centaines de visiteurs ne connaissent peut-être pas les références et ils n'en n'expérimentent pas moins une œuvre d'art contemporaine, donc sa contemporanéité ne relève pas simplement de sa référence à une histoire déjà écrite, mais plutôt à celle qui est inscrite, dans notre imaginaire et qui refait surface à la rencontre de l'oeuvre.
La singularité historique des oeuvres d'art contemporaines
Par exemple, la maison Farnsworth de Mies Van der Rohe, la fameuse cage des verres qui a marqué l'histoire de l'architecture, est revisitée par l'artiste Iñigo Manglano-Ovalle dans l’installation vidéo Le Baiser/The Kiss. Je pourrais vous en dire long à ce sujet, mais cette installation comporte ses propres tensions qui déclenchent, dans mon imaginaire, un trop plein d'expériences, artistiques ou non, qui participent de cette singularité historique. Car cette œuvre pose avant tout, dans l'expérience, le jeu de la perception de frontières entre le public et le privé, les riches et les moins nantis, le propre et le salle, la vitre et l'éclat, la liberté et la cage.
Car le corps, dans toute cette histoire, n'a que faire de Mies Van der Rohe. Il cherche simplement à comprendre ce jeu de frontières qui marque l'histoire, tellement singulière, de son propre corps dans l'espace social.

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