Magazine Culture

FEQ 2010 : l’apocalypse selon Rammstein

Publié le 19 juillet 2010 par Epicure

FEQ 2010 : l’apocalypse selon Rammstein

Photo : Steve Deschenes

Apocalyptica vient de terminer son excellent réchauffement de Plaines. Là, un immense rideau noir s’abat au devant de la scène, nous empêchant de voir ce qui se trame derrière. Ça jase fort dans la foule. Que va-t-il se passer? Rammstein va-t-il parvenir à combler nos attentes?

À 21h45, le rideau tombe enfin pour montrer… un autre rideau, qui est en fait le plus gros drapeau allemand que je verrai dans ma vie. La voix caverneuse de Till Lindemann se fait entendre… la montée d’adrénaline est totale! L’impressionnant dispositif scénique est enfin révélé et le groupe explose dans ce que j’ai probablement entendu de plus fort et de plus heavy jusqu’à maintenant.

Lindemann, déguisé en boucher from hell, provoque immédiatement mon premier éclat de rire de la soirée : on a “éclairé” l’intérieur de sa bouche! Bravo pour cette trouvaille complètement débile et tout à fait dans le “ton Rammstein”. C’est ce qui est génial avec ce groupe : aussi violente que puisse paraître sa musique, tout est livré avec un immense clin d’oeil. Rammstein reprend les clichés du metal, les grossit à la puissance dix et les recrachent à la foule pour un 90 minutes de fun et d’intensité inégalés.

Et je dois revenir sur Lindemann. Quel leader charismatique! Il ne s’est adressé à la foule qu’à la toute fin pour la remercier, mais il était très difficile de ne pas le suivre constamment. Sa pose “trademark” (penché tout en martelant sa cuisse avec son poing) est selon moi l’ultime move metal. Son approche est aussi très théâtrale, accompagnant ses paroles (allemandes) de gestes qui nous faisaient presque comprendre le propos.

Quant au déploiement scénique, il était à la hauteur de ce qu’on avait annoncé. Grandiose, pompeux, over the top, spectaculaire. Pyrotechnicien à ses heures, Lindemann et ses musiciens ont manipulé les artifices comme si on était aux Chutes Montmorency. Pratiquement chaque chanson contenait son lot de surprises de ce côté, ce qui fait qu’on ne s’est pas ennuyé une seconde. Je note particulièrement le moment où, pendant l’édifiante “Pussy”, Lindemann a enfourché un canon à la forme disons… suggestive et a projeté de la mousse blanche dans la foule. Mongol? Bien sûr. Approprié? Tout à fait!

Et il y a la musique, puissante et précise, performée par des pros qui travaillent ensemble depuis une quinzaine d’années. Je ne connais à peu près pas le répertoire de Rammstein, mis à part l’album Mutter et, évidemment, leur succès “Du Hast”, mais ce n’était pas le cas de la première moitié de la foule qui a chanté chaque parole, le poing dans les airs. “Du Hast” a évidemment provoqué le plus de réactions mais moi, mon moment fort fut la magnifiquement violente “Feuer Frei” avec un Til Lindemann frappant sa cuisse en poussant des “Bang Bang” bien gras.

Non mais quelle soirée! Je suis obligé de dire que, même si Arcade Fire m’a procuré mes meilleurs moments musicaux de ce FEQ 2010, c’est Rammstein qui a donné la meilleure performance. J’en ai encore le sourire accroché au visage.


Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Epicure 750 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Dossier Paperblog

Magazine