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Contes cruels de la jeunesse : Désenchantée

Publié le 20 juillet 2010 par Diana
Contes cruels de la jeunesse : DésenchantéeSecond long métrage que Nagisa Oshima met en scène vingt huit ans et six mois après sa première oeuvre, Contes cruels de la jeunesse/Seishun zankoku monogatari (1960) prend comme sujet une jeunesse marginale confinée dans un conflit générationnel. Il décrit une jeunesse perdue au milieu de l’effervescence d’un Japon qui prend de plein fouet les changements d’une société en constante évolution. Oshima montre leur situation dans ce Japon contemporain à travers le sexe, le scandale et la mauvaise réputation, entre rencontre, séparation, blessure et réconciliation.
Makato est une étudiante qui use de ses charmes pour se faire raccompagner chez elle. Un soir, l’un de ses accompagnateurs tente de la ramener de force à l’hôtel, Kiyoshi, un étudiant intervient et corrige l’homme. Makato se rapproche alors de Kiyoshi et entame une relation amoureuse malgré les excès de violence de ce dernier.
Contes cruels de la jeunesse : DésenchantéeDrame sur l’amour fou et passionné d’un jeune couple d’étudiant qui glisse petit à petit vers la déviance ; celle de l’immoralité. Contes cruels de la jeunesse de Nagisa Oshima prend comme personnages principaux des anti-héros de la classe moyenne. Ces derniers évoluent dans une société en pleine mutation et créent un fossé avec les générations précédentes. Un fossé qui se creuse sur la brutalité et le mensonge. Ils prennent le système comme ennemi, le pouvoir représenté par la police. Ils se perdent dans la dépravation et à travers le sexe comme rapport de force. Cette jeunesse violente et rebelle vit sans se soucier des lendemains, vivant dans une illusion permanente qui se donne comme un bâton de relais, une passation faite par les anciens où la course serait un gouffre sans espoirs et fait d’indifférence.
Contes cruels de la jeunesse : DésenchantéeCette seconde œuvre d’Oshima impose un style vif, la caméra est portée et rompt avec l’académisme d’Une ville d’amour et d’espoir (1959). Le tournage s’est fait en majorité en extérieur et s’apparente à la naissance de la Nouvelle Vague comme on la connaît en France où les jeunes cinéastes de l’époque prenaient d’assaut la rue. Il appartient alors au pendant nippon au sein de la Nouvelle Vague japonaise avec Shinoda et Yoshida notamment. La lumière se veut minutieuse, les peintures sombres, une certaine subjectivité, un son utilisé minutieusement, Oshima enferme ses personnages dans ses plans, tantôt dans des mouvements en panoramique qui écrasent ses personnages en se refusant de filmer le ciel, tantôt dans des gros plans où les mouvements s’opèrent.
Ici, Oshima montre sa profonde désillusion envers la gauche organisée (ces étudiants qui manifestent mais s’oublie dans l’amour éphémère) et repousse les idées de droite (le conservatisme des générations précédentes comme la morale). Il montre un nihilisme empreint de sensibilité qu’il narre via des innovations narratives et dénote donc par son contenu social entre cette jeunesse, la déchéance et les anciens, la nostalgie.
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