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Twitter crée la "rédaction en chaîne"

Publié le 19 juillet 2010 par Rupteur

Dernier né de la socialisation des réseaux, Twitter crée une véritable rupture et innove par la simplification à outrance du rapport entre « informeur », informé et information. Les deux premiers se confondent. Quant à la dernière, elle est réduite au flash alertant d’un évènement ou de la présence d’une « vraie » info quelque part, ailleurs…

Internettisation de l’info
Un des apports d’Internet est la densification de l’information. A chaque seconde, une grande quantité de connaissances entre dans le réseau, une autre en sort et une troisième y est dupliquée à plus ou moins grande échelle, avec plus ou moins de fidélité. Il serait intéressant, si cela était possible, de simuler une cartographie globale du réseau dans le monde entier pour en visualiser les croissances externes, les amaigrissements et les extensions résultant de la seule duplication. Ce profiling du réseau pourrait ressembler aux courbes de niveaux utilisées en géologie, les duplications y seraient représentées par l’augmentation de l’altitude d’un point pour en schématiser la hausse de densité dans le réseau.

Twitter, what else ?
Twitter innove en simplifiant. La première des prouesses de Twitter est de s’être imposé. Le mérite en revient aux internautes qui se sont saisis de l’outil, arrivé il est vrai au bon moment. Avant Twitter, l’information manquait de fiabilité bien entendu, mais ceci était quelque peu compensé par la grande mise en avant des informateurs (facebook) d’une part, et la densité de l’info en elle-même. Ceci permettait en quelque sorte à la quantité d’accoucher, quelques fois, de qualité. Avec Twitter, la cure d’amaigrissement est double. L’informateur disparaît presque, puisque son point de présence sur Twitter devient un simple comptoir avec un profil réduit. L’info aussi perd en calories car la taille de chaque flash informatif est plafonnée à 140 caractères, ce qui est très peu. Ce calibrage réduit en fait les infos à des alertes, des courtes brèves ou des redirections vers des URLs le plus souvent publicitaires.

La page ne fait pas le site
Si vous êtes twitteur, vous savez que sont rattachés à votre site des « Followers » qui suivent vos contenus, et des « Following » dont vous pistez à votre tour les publications (leurs flashs s’affichant sur votre page dès leur publication). Ces deux communautés, qui se croisent en vous, en disent aussi beaucoup sur votre maillage du web et la crédibilité et régularité de vos publications. « Dis moi qui tu suis et qui te suit, et je te dirai… ».

Rédaction en chaîne
Les neutrons et les réactions nucléaires qu’ils induisent, auxquelles on doit nos lueurs urbaines mais aussi notre force destructrice, imagent bien la réplication de l’information sur Twitter. En effet, une info, qui aurait eu la chance ou l’intelligence de tomber au bon endroit, peut être reprise à une vitesse vertigineuse et faire le tour du monde et donc informer de l’essentiel ou du superflu, mais très vite dans tous les cas. Ceci a été le cas pour les évènements en Iran ou pour le décès de Mickael Jackson, actualités planétaires dans lesquelles Twitter a supplanté les médias traditionnels. Il ne fait également pas oublier les infos nées de l’info elle-même, toutes ses reprises, déformations, approfondissements ou réorientations conscientes ou induites.

Nous sommes donc bien dans une réaction en chaîne dans laquelle Twitter nous fait définir une particule élémentaire de l’info. Celle-ci possède son parcours, ses particules induites et son rayonnement sur le web : tout le spectre qui en sera imprégné. Les déchets sont radio-informatifs, mais bien malin serait celui qui en dirait le temps de désintégration de ces « déchets » dans le réseau… 


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