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Predators de Nimrod Antal

Par Geouf

Predators de Nimrod Antal

Résumé : Un groupe de personnes ne se connaissant pas est parachuté sur une planète inconnue. Ils ne tardent pas à découvrir qu’ils ont été choisis pour leurs aptitudes au combat afin d’être les proies de chasseurs extraterrestres.

Bien malmenée au fil des années par les ridicules Aliens vs Predators, la franchise Predator ne semblait pas prête de se relever de ses cendres. Et puis en 2009, surprise, voilà que Robert Rodriguez annonce la mise en chantier d’un nouvel épisode, produit et écrit par ses soins. Une nouvelle à la fois rassurante, le réalisateur de Desperado étant un grand fan de l’original, mais aussi effrayante, Rodriguez n’étant pas connu pour la finesse de ses scripts. La bonne nouvelle par contre, c’est que Rodriguez, occupé sur le tournage de Machette, a choisi le jeune Nimrod Antal pour mettre en images à sa place le retour de l’extraterrestre aux rastas. Mais malheureusement, le résultat final porte plus la patte de son producteur que de son réalisateur, soit un produit joliment emballé et fidèle au matériau de base, mais sans aucune nouveauté ni aucun génie, à l’image de Sin City par exemple.

On se retrouve donc dans la jungle, comme dans le film de McTiernan, où une bande de gros bras vont se faire chasser par les predators. On retrouve même le fameux thème d’Alan Silvestri, et des références directes au premier film (lorsque l’un des personnages raconte ce qui est arrivé dans celui-ci). Seules différences notables, les predators sont ici au nombre de quatre, et la planète sur laquelle se trouvent les infortunées proies n’est pas la Terre. Le reste est calqué sur le film original, avec une lente montée de la pression, les attaques furtives des predators, jusqu’à l’affrontement final. Le gros problème, c’est que cela ne fonctionne pas pour plusieurs raisons. La première, c’est que tout le monde a déjà vu ou le film de McT ou l’une de ses suites. Donc le suspense sur l’identité du chasseur et son apparence n’a pas lieu d’être, ce qui rend le film assez mou et ennuyeux. Car là où il aurait fallu rapidement rentrer dans le vif du sujet et proposer un jeu de massacre jouissif, le scénario préfère jouer la carte de l’attente. Du coup, pendant les deux tiers du métrage, on observe une bande de gus qui se baladent dans la jungle en s’engueulant, ce qui est loin d’être passionnant. On ne ressent pas vraiment la menace invisible des predators non plus, vu qu’ils ne passent vraiment à l’attaque avant le dernier tiers du métrage.

Predators de Nimrod Antal

Le second point sur lequel le film a du mal à fonctionner, c’est qu’on ne croit jamais vraiment au fait que les personnages sont sur une autre planète. La faute certainement au budget limité, qui fait que mis à part deux-trois images montrant plusieurs lunes dans le ciel, on a l’impression d’être dans la forêt à côté du ranch de Rodriguez. Pas de flore ni de faune particulières (pas de faune du tout même), pas d’atmosphère ou de gravité différente, bref, pour le dépaysement on repassera. Certains personnages sont un peu sous-exploités et sous-développés (Danny Trejo éliminé au bout de quelques minutes, quelle déception !), ce qui est étonnant venant d’Antal. Adrien Brody peine parfois un peu à être crédible en militaire sur entraîné, mais a suffisamment de bagage pour à peu près faire passer la pilule. Mais ce n’est rien à côté de la courte apparition de Lawrence Fishburne, qui plombe le film à lui tout seul. On a l’impression que l’acteur est sous acide tellement il surjoue de façon ridicule. Les quelques scènes dans lesquelles il apparaît descendent le film au niveau d’une série Z cheap. De façon assez surprenante, l’acteur le plus convaincant de la troupe est Topher Grace, qui impose sans forcer son personnage de docteur serial killer.

Heureusement, la demi-heure finale réussit à rattraper suffisamment le reste pour que le film ne soit pas une totale perte de temps. Les predators retrouvent enfin leur aura de chasseurs implacables, et l’affrontement avec les survivants est suffisamment brutal et efficace pour que l’on passe un bon moment. On passera sur les grosses incohérences dues au fan-service du script (l’utilisation de la boue, totalement injustifiée et ridicule) pour savourer cette demi-heure de bonheur. Rodriguez et Antal nous gratifient même d’un nouveau type de predator assez imposant (et loin du ridicule predalien de AvP Requiem) qui donne presque envie de voir une suite.

Une déception donc, certes 10 coudées au-dessus des deux AvP, mais n’atteignant jamais le niveau du Predator original, ni même de sa suite. On espère que si suite il y a, elle sera un peu plus active et un peu mieux écrite…

Note : 5/10


USA, 2010
Réalisation : Nimrod Antal
Scénario : Alex Litvak, Michael Finch
Avec : Adrien Brody, Topher Grace, Alice Braga, Laurence Fishburne, Danny Trejo

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