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L'ordinateur qui se prend pour Tolstoï

Publié le 18 décembre 2007 par Aurialie

Via Courrier International

Une maison d'édition de Saint-Pétersbourg s'apprête à publier un roman écrit par un logiciel baptisé PC Writer 2008. Un livre généré en trois jours et dont l'intrigue est inspirée d'Anna Karénine.

En janvier 2008, le premier roman écrit par un ordinateur devrait paraître en Russie. Les personnages et des éléments de l'intrigue ont été empruntés au roman de Léon Tolstoï Anna Karénine. Toute une équipe de spécialistes ont toutefois prêté main-forte à la machine.

Huit mois ont été nécessaires pour que les informaticiens mettent au point le programme, et que les linguistes sélectionnent des textes à partir desquels la machine composera son histoire. Ainsi, treize ouvrages russes et étrangers des XIXe et XXe siècles ont servi de matériau à l'"écrivain électronique". Afin d'aider le novice, les linguistes ont rédigé des fiches sur chaque personnage, étayant ses traits physiques et psychologiques et tous les éléments nécessaires pour que la machine concocte une œuvre plus ou moins satisfaisante. L'ordinateur, après avoir tourné trois jours sans interruption, a finalement pondu un roman avec pour titre provisoire "Un véritable amour".

Le livre obtenu paraît plutôt contradictoire, surtout si on a lu l'original de Tolstoï. Il semblerait que l'action du roman artificiellement généré se passe de nos jours sur une île inconnue, théâtre d'un événement tragique. En revanche, on ignore si l'ordinateur a prévu un train sur l'île ou quelque autre moyen de transport pour que son Anna Karénine électronique puisse mettre fin à ses jours [comme dans le roman original].

Sans avoir lu le roman composé par l'ordinateur, écrivains et critiques ont déjà exprimé leur scepticisme en recommandant de ne pas prendre au sérieux ce genre d'œuvre littéraire. "Il faut arrêter d'avoir peur de tout. Laissons donc les ordinateurs jouer aux échecs et écrire des romans. Un lecteur suffisamment intelligent saura lui-même ce qui vaut la peine d'être lu. Dans le cas contraire, nous ne pourrons de toute façon rien faire pour lui", a déclaré l'écrivain Victor Eroféev aux Novyé Izvestia. La littérature, comme la culture en général, est imprévisible : elle crée continuellement de nouvelles énigmes et de nouveaux pièges. Celui qui arrive à s'y retrouver est ce qu'on appelle une 'personne cultivée'. Les autres devraient se rabattre sur le volley et les séries télé."

Cependant, la maison d'édition [Astrel SPB] ne se focalise pas sur la réussite commerciale du livre. Le coût de sa publication, salaires des informaticiens et des linguistes compris, reste inférieur aux honoraires habituels des écrivains. En publiant cet ouvrage, l'éditeur ne prend donc qu'un risque minime. En revanche, il y a là matière à figurer dans un quelconque livre des records.

Au mois de février dernier, un informaticien de l'université mexicaine avait déjà tenté une expérience de ce genre. Rafael Pérez y Pérez avait alors créé un logiciel nommé Mexica, capable lui aussi de développer un sujet donné et d'imaginer les aventures des personnages. En revanche, l'inventeur n'a pas tenu à publier les écrits de sa machine.

Et dans le même genre, un site russe propose un logiciel de drague capable de simuler des conversations sur des sites de discussions et de flirter avec dix personnes en même temps, sans que le ou la romantique ne se rende compte du subterfuge. La haute technicité des informaticiens russes n'est pas une légende !


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