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Véritable acrobatie musicale du Chevalier de Saint-Georges, les caquets, un délicieux morceau de bravoure, un persiflage plein de verve !

Publié le 02 août 2010 par Halleyjc

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BNF/Gallica Domaine public Polydor 524271BnF/Gallica :
Les Caquets : rondo en Staccato pour violon de Joseph Bologne de Saint-Georges, compositeur.
Harmonisation par M. Casadesus ; Marius Casadesus, Violon, accompagné de piano.

   La Musique du Chevalier a été souvent présente dans les manifestations officielles. Par exemple pour la Soirée offerte par le Président de la république lors des fêtes du tricentenaire. Le Violoniste CASADESSUS interprétait une petite curiosité musicale du Chevalier « LES CAQUETS ». Bien plus tard Monsieur MITTERAND choisit pour sa seconde entrée à l’Elysée une symphonie du Chevalier à coté de la musique de Lully.

Voici ce que dit notre compatriote Gaston BOURGEOIS dans un manuscrit jamais publié, mais combien riche de multiples trésors, entre autre 316 renvois de bas de page démontrant l'étonnant travail du Basse-Terrien :

Ajoutons que ses œuvres ne sont pas tombées dans l'oubli. Le 30 mars 1935, l'Association des Concerts Pasdeloup, jouait à l'Opéra-Comique un de ses rondeaux, « Les caquets. » et le faisait vivement applaudir. A cette occasion, voici ce que publiait l'association.

« Les caquets viennent augmenter la liste des pièces descriptives du 18° siècle, et peuvent se placer à coté du « Coucou » de Daquin et des Papillons de Campra. Le manuscrit des « caquets » comporte une partie du violon avec une basse chiffrée. Marius Casadesus l'a réalisé et en l'orchestrant, a ajouté une cadence. Peut-être l'auteur s'est-il inspiré, pour le titre, du recueil satirique du 17° siècle.[1] Peut-être a-t-il voulu tout simplement peindre ironiquement les caquets des Belles dames qui étaient très assidues auprès de lui.[2]

Quoiqu'il en soit, ce rondo staccato,[3]de forme classique, constitue en quelque sorte une acrobatie de l'archet qui dénote une haute virtuosité cher son auteur.

Véritable acrobatie musicale, sous le rapport de la technique, les caquets sont, selon M. Devaise, un délicieux morceau de bravoure, doublé d'un persiflage plein de verve.[4]

Le jeudi 14 novembre 1936, au Gala donné à l'Opéra en présence du Président de la République, à l'occasion du tricentenaire du rattachement à la France des Antilles et de la Guyane, les caquets furent interprétés en virtuose par M. Marius Casadesus, accompagné par l'orchestre de l'Opéra. « C'est une très jolie vieille chose, dit l'auteur de la chronique » la nuit antillaise et Guyanaise à l'Opéra, parus dans le journal l'Illustration. »

Ainsi le talent musical du mulâtre Guadeloupéen rayonne encore…


(1)   Il s'agit du fameux recueil satirique du commencement du 17° siècle. Les caquets de l'Accouchée" dont l'auteur est resté inconnu.

(2)   La légende veut, dit M. Devaise, que Saint-Georges ait composé cette pièce en manière de réponse aux critiques qu'avait suscité sa candidature à la direction de l'Opéra.

(3)   Le Staccato se fait en piquant avec égalité plusieurs notes qu'on tire ou qu'on pousse, du même coup d'archer. Chaque note se trouve détachée sèchement, et comme piquée, bien que l'archet poursuive toujours sa marche dans le sens. Un virtuose habile peut ainsi fournée quarante cinquante notes, et même d'avantages, en un seul coup d'archet.

(4)   Ce rondeau, harmonisé et interprété par M. Marius Casadesus a été enregistré sur disque. (Polydor 524.271)


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