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Sa majesté des mouches # william golding

Par Tinusia

sa_majest__des_mouchesQuatrième de couverture :

Une bande de garçons de six à douze ans se trouve jetée par un naufrage sur une île déserte. L'aventure apparaît aux enfants comme de merveilleuses vacances : ils se nourrissent de fruits, se baignent, jouent à Robinson. Mais il faut s'organiser et, suivant les traditions des collèges anglais, ils élisent un chef...

**********

C'est une île paradisiaque que les garçons découvrent d'abord... La nature y est exubérante et nourricière, chaque matin est un recommencement, comme si le monde venait d'être créé pour la première fois, le temps ne s'y écoule pas comme ailleurs. Ce sont des enfants et ils se prennent à rêver et à organiser des jeux d'aventure : deux groupes d'affinité se forment. Celui des "petits", qui ne pensent qu'à s'amuser, à se baigner, à dévorer des baies. Celui des "grands", qui, très vite, cherchent à organiser une vie sociale, en prenant modèle sur celle qu'ils connaissent, celle des adultes. Quelques uns vont émerger du lot : Ralph, Jack, Simon et Porcinet (qui est affublé de ce sobriquet en raison de son embonpoint et de ses lunettes).

L'autorité de Ralph est immédiatement reconnue par le groupe. Il se munit d'une conque dans laquelle il souffle pour instaurer des meetings réguliers au cours desquels il édicte des règles de vie. A la manière des Amérindiens, il attribue à la conque le rôle de "bâton de parole", utilisé à l'intérieur du cercle cérémonial pour donner la parole à chacun, le possesseur pouvant alors s'exprimer sans être interrompu. La conque devient le symbole de l'harmonie et du partage au sein du groupe.

Mais c'est sans compter sur la personnalité de Jack, rebelle aux lois promulguées par Ralph qui s'obstine à structurer et à prévoir les conditions de leur possible sauvetage. Jack, lui, est dans l'immédiateté, et selon lui le plus urgent est de se nourrir. Il forme une tribu de chasseurs qui, petit à petit, vont s'enivrer du goût du sang, de la disposition humaine à tuer.

L'un et l'autre ont de bonnes raisons : survivre au jour le jour ? anticiper la survie ? L'acrimonie naît entre eux deux, malgré le statut, bien involontaire, de Porcinet, auquel on fat jouer le rôle de bouc émissaire pour réunir les deux convictions.

Les derniers chapitres voient une montée en puissance de la violence qui atteint son paroxysme avec le meurtre de Porcinet. Les jeux d'alliance et d'opposition entre les enfants mettent en valeur les conditions d'un échec d'une civilisation fondée sur le rôle des leaders, et l'acceptation de leurs postulats de vie. L'environnement (qui finit par devenir hostile) l'absence des adultes, le contexte guerrier, les mécanismes classiques de la psychologie humaine, les peurs archaïques, les enchaînements meurtriers... voici les clefs d'une faillite sociale qui commence par une joyeuse robinsonnade  et se termine en catastrophe psychologique et humaine.

C'est un roman de grande qualité que je viens de fermer. Je vous invite à l'ouvrir à votre tour.

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Quelques extraits ici


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