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Passés du traumatisme

Par Borokoff

A propos de Millénium 3 : La Reine dans le palais des courants d’air de Daniel Alfredson 1.5 out of 5 stars

Passés du traumatisme

Dernier opus adapté de la trilogie écrite par le romancier et journaliste Stieg Larsson, décédé en 2004.

Comme le second Millénium, Millénium 3 : La Reine dans le palais des courants d’air déçoit. Pas tellement pour le côté vieillot de ses images, dont le grain épais et la teinte grise auraient plutôt même un charme télévisuel désuet et charmant, mais à cause de la lenteur de son rythme, la mollesse de sa mise en scène. C’est-à-dire que malgré tous les ressorts et les rebondissements dont fait preuve le scénario (et le livre), on s’ennuie ferme. Parvenant à chaque fois à anticiper la scène qui va suivre.

Millénium 3 : La Reine dans le palais des courants d’air est laborieux, sa mise en scène dépourvue d’enjeux, de tension. L’adaptation de Daniel Alfredson ne procède presque à aucun changement de rythme, aucune variation de tempo. Cette mise en scène est bien tristounette et homogène. Un encéphalogramme plat qui dure 2h30…

Alors, pour trouver quelque chose de positif à dire dans ces mornes plaines, on pourra se rabattre sur la composition de Noomi Rapace, encore une fois au-dessus du lot et fascinante par son jeu mutique, à la limite de l’autisme. Rapace incarne avec aplomb une femme violée mais digne, un personnage à la fois sensible et courageux, fragile et combattif. On dit que c’est dommage que la mise en scène soit aussi plate parce que l’intrigue du dernier opus de Larsson est, elle, bien plus passionnante à lire.

Non seulement Millénium 3 : La Reine dans le palais des courants d’air délivre la clef sur les instigateurs qui ont voulu faire passer Lisbeth Salander pour une folle et une schizophrène lorsqu’elle avait 13 ans, mais surtout les raisons politiques de ce complot. La fameuse raison d’Etat. Lisbeth était la fille d’Alexander Zalachenko, un agent secret soviétique réfugié dans le plus grand secret en Suède, dans les années 70. Zalachenko fit parti pendant des années de la Säpo, une sorte de police et de service secrets dont l’Etat suédois cacha parfaitement l’existence.

Le procès de Lisbeth est, dans le livre, la partie la plus passionnante. On croit même, un moment dans le film, que la mise en scène va rendre ce long épisode palpitant. Parce qu’un instant, il y a une flamme, une étincelle dans la réalisation qui sortent un peu le spectateur de sa torpeur. Mais peine perdue. Rapidement, on retombe dans les travers d’une mise en scène ampoulée et académique au possible.

Dommage, parce qu’il y a des points passionnants dans la trilogie de Larsson qu’Alfredson ne traite pas du tout en profondeur comme les rapports complexes et tortueux de la Suède avec son passé nazi.

On sait que Larsson, en tant que journaliste, s’est intéressé de très près aux mouvements nationalistes et xénophobes existant en Suède depuis les années 1970. Dans ces livres, les membres de la Säpo sont des vieillards tordus aux allures d’anciens collabos ou qui donnent en tout cas l’impression d’appartenir à des courants politiques d’extrême droite. Comme un relent nauséabond du passé nazi de la Suède pendant la seconde guerre mondiale. Un passé  qu’elle n’a jamais vraiment voulu purger…

www.youtube.com/watch?v=2tePAkYKpUE


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