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Une semaine avec Françoise Sagan sur France Culture

Par Pmalgachie @pmalgachie

Êtes-vous podcast ou n'êtes-vous pas podcast? Moi, c'est par périodes. J'avais tout annulé de ceux auxquels je m'étais abonnés, non par manque d'intérêt mais par manque de temps. Vous avez essayé, vous, de lire et d'écouter en même temps? Lire et écouter sérieusement, je veux dire, sans rien perdre du livre ni de l'émission de radio? Je n'y arrive pas.
Mais je viens de rouvrir iTunes pour la série d'émissions sur Françoise Sagan qui a commencé hier sur France Culture et durera jusqu'à vendredi. Trois heures et demie chaque jour, soit... bon, faites le calcul. Soit, en tout cas, un bel ensemble de documents d'après ce dont je peux juger après avoir écouté la première journée.
Une semaine avec Françoise Sagan sur France Culture

Françoise Sagan, plus grave que prévu rend en effet justice à l'écrivain sans négliger le personnage - comment le pourrait-on? Le scandale (quel scandale?), l'alcool, la drogue, le jeu, la vitesse, ont fait de Françoise Sagan une icône négative et pourtant fascinante, une image derrière laquelle l'essentiel - ses livres, l'écriture, son monde de fiction - a souvent presque disparu. Ce n'est pas le cas ici, et je m'en réjouis.
Hier, j'ai donc retrouvé Françoise Sagan à travers des archives souvent émouvantes. Sa voix, son débit précipité (et de plus en plus au fil des années), sa modestie. Oui, sa modestie. Elle raconte la curieuse impression que lui faisaient ses conversations avec René Julliard, avant la parution de Bonjour tristesse. Il lui parlait comme à une grande personne - ce que j'étais, précise-t-elle. Après tout, elle avait 17 ans! Et elle possédait une belle lucidité. Pour preuve: ce qu'elle raconte dans les premiers entretiens ne varie guère avec le temps. D'où je conclus que la légende Sagan n'a pas été créée par elle-même, mais forgée de l'extérieur.
Il est vrai que son éditeur avait, au contraire d'elle-même, habilement joué sur la jeunesse de l'écrivaine. Il avait, de la même manière, "lancé" un peu plus tôt Françoise Mallet-Joris à 21 ans et, un peu plus tard, Minou Drouet, 7 ans! (J'espère qu'on ne va pas s'attarder sur le sujet, dit en substance et avec raison Jean-Marc Roberts dans la deuxième partie de l'édition.)
Archives dans la première heure, débat dans la deuxième, documentaire prolongé par une lecture commentée dans la dernière heure et demie, le menu est copieux. Et très digeste. Analyses et anecdotes sont mis en onde avec un goût très sûr où l'information n'interdit pas le plaisir. Jean-Claude Loiseau, qui a réalisé cette "Grande traversée" produite par Matthieu Garrigou-Lagrange, peut être salué comme il se doit. Si Françoise Sagan est un jour rééditée dans la Bibliothèque de la Pléiade, comme le souhaitent quelques intervenants, ce sera peut-être en partie grâce à lui.
C'est grâce à lui, en tout cas, que j'ai appris que Françoise Sagan avait écrit une chanson pour Johnny Hallyday. Et que j'ai entendu François-Marie Banier (oui, celui dont on parle beaucoup ces temps-ci) affirmer: "Les photos de Françoise Sagan sont d'immenses chefs-d'œuvre." Meilleures que les siennes, ajoute-t-il - ce qui, dans sa bouche, n'est pas un mince compliment.
Je termine en revenant au titre de la série d'émissions: Françoise Sagan, plus grave que prévu. Je l'avais compris, avant d'écouter, comme on dit: elle est vraiment grave, la Françoise! Peut-être y a-t-il de ça. Mais il y a surtout la gravité de son propos sous la légèreté des phrases. On parle bien, en effet, de littérature...


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