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Sylvia de Leonard Michaels

Par Mango
Sylvia de Leonard MichaelsCe  livre, je l’ai aimé.
Il raconte une histoire vraie.
J’aurais préféré le savoir d’emblée mais comme d’habitude j’ai sauté l’introduction pour aller directement au récit et celui-ci  m’a tellement bien prise dans ses filets que je ne me suis plus posé ensuite le problème de la véracité des faits.  J’ai cru longtemps à une histoire de couple inventée et jamais à une autobiographie avec journal intime intégré. Ce n’est que vers la fin que je m’en suis doutée tant les faits paraissaient extravagants  et en même temps racontés avec beaucoup de maîtrise comme quelqu’un qui freinerait de toutes ses forces, avec une laisse, un chien fou  qui voudrait mordre !

Les faits ! Les faits ! Rien que les faits ! 

Bon alors, c’est l’histoire tragique d’un amour fou qui a mal tourné entre deux intellectuels new yorkais, dans les années 60, deux étudiants en littérature, elle,  (Sylvia  Bloch), très brillante  étudiante en lettres classiques, lui futur écrivain et futur professeur à Berkeley. Leur amour violent et impossible a duré quatre ans.  Ils se sont mariés au bout de deux ans et elle s’est suicidée  en  sa présence en 1964. 
Ce n’est que trente ans plus tard qu’il fait le récit de ce premier mariage, en incluant des passages du journal intime qu’il écrivait alors. Plus les sentiments sont forts plus le ton adopté par le narrateur est froid,  distancié , presque clinique 
Dès le début, leur liaison est houleuse, étrange, violente,  en raison du caractère de Sylvia présentée comme hystérique, paranoïaque , jalouse, imprévisible, tyrannique, incontrôlable et à la fin droguée et carrément folle.
      Sylvia était mince et bronzée. Ses cheveux lui descendaient à mi-dos. de longues mèches lui voilaient les yeux, donnant l'impression qu'elle était timide ou qu'elle se cachait modestement, mais aussi qu'elle était plus petite que la moyenne. Elle mesurait un mètre soixante-sept
     Janvier 1962 : «Je n’ai pas de travail, pas de travail, pas de travail. Je ne suis pas publié. Je n’ai rien à dire. J’ai épousé une folle.»
Pourtant, malgré les disputes, les coups, les crises de toutes sortes,  ils resteront inséparables  et frénétiquement proches pendant toutes ces années de folie. Ils vivaient à Greenwich Village et fréquentaient les lieux vibrants de cette époque où ils rencontraient tous les marginaux, les artistes, les gens à la mode : Miles Davis, Coleman, Jack Kerouac, Ginsberg, Warhol etc.
     Les  rues du Village transportaient au ralenti des masses gonflées de badauds, surtout MacDougal Street qui faisait office d'artère principale entre la 8e Rue et Bleecker Street, avec la célèbre librairie de la 8è Rue  à un bout et le fameux San Remo Bar à l'autre."
Sylvia de Leonard Michaels
     Je lui disais qu'on ferait ce qu'elle voudrait, tout ce qu'elle voudrait, et nous partions à la recherche d'un restaurant, désespérément heureux.
Cependant Sylvia allait mal et faisait mal. Ceci dit, nous n’avons qu’une seule version et la voix de la jeune femme manque terriblement ! J’avoue avoir du mal à accepter le comportement masochiste de l’auteur qui supporte les pires caprices et les pires violences de cette jeune femme pour le moins très déséquilibrée et je n’ai pas compris pourquoi il ne l’avait pas quittée plus tôt! Mais ce n’est que sa version à lui!
Un beau livre dont je n’ai lu que de bonnes critiques
L’ont aimé également : Dasola, Amanda, Esmeraldae et un très beau texte de Roland Jaccard
Sylvia, de Leonard Michaels, traduit de l’américain par Céline Leroy, éd. Christian Bourgois, janvier 2010,

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