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Leftfield ‘ Rhythm And Stealth

Publié le 12 août 2010 par Heepro @heepro

Leftfield, seconde partie.
Quatre ans après le tremblement de terre que fut le premier album, au moins en Grande-Bretagne, une suite à Leftism voyait enfin le jour.
Ou la nuit. Car il fut extrêmement douloureux de réussir à se jeter sur une suite à un tel départ.
Évidemment, tout le monde voulut croire en un Leftism n°2. Combien d’autres artistes ont failli à cette tâche ! Tant mieux d’ailleurs. Car, la récidive est la pire des choses à faire. Artistiquement parlant.
Le groupe jouissant d’une renommée énorme, les invités sont, certes moins nombreux, mais plus célèbres ici que sur l’album de 1995. Notamment, Roots Manuva qui est flamboyant sur le morceau d’ouverture « Dusted » ou Afrika Bambaataa sur le célébrissime clip par Chris Cunningham du single « Afrika shox ». Deux titres phares de la très courte discographie de Leftfield. Autres énormes réussites : « Phat planet », absolument lancinant de répétitivité ; horriblement jouissif. Puis, « Chant of a poor man », d’une lenteur éprouvante mais Cheshire Cat est absolument parfait ici, au micro. Au milieu de tout ça, des titres plus dub, instrumentaux, très percutants bien que manquant légèrement d’originalité.
La fin de Rhythm And Stealth n’a rien à envier à son prédécesseur : « Rino’s prayer » est la réponse parfaite à « 21st century poem ». La prière répondant au poème, l’écho ne pouvait être plus approprié.
Si l’ensemble de ce second album semble plus léger que le premier, il possède néanmoins une homogénéité qui tantôt lui donne une certaine personnalité, tantôt le prive de moments d’éclat que proposait le duo en 1995. Comme si la maturité était déjà acquise. Chose qui paraît d’autant plus crédible que rien ne sortira plus après ces deux volets. Comme si tout avait été dit.
Que ce constat soit vrai ou pas, le legs existe bien : Leftfield se reforme en 2010, sur les cendres de ce qu’il fut dans les années 90, sans rien avoir de nouveau à proposer, si ce n’est une image de pionniers de cet âge d’or que fut cette décennie pour la musique électronique.
Qui sait, un retour à la Portishead pourrait arriver… si on y croit fort.



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