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2007, girl power

Publié le 21 décembre 2007 par Va33

L'année des filles
Bien sûr, il y a eu la vague des reformations avec les concerts-événements de Led Zeppelin, Police, Genesis et consorts. Evidemment, Michel Polnareff a braqué sur lui les projecteurs à l'échelle francophone avec son grand retour en scène. Evidemment, le mythe Dylan a fait abondamment couler l'encre et connu encore une aura artistique protéiforme. Bien sûr, les vieux roc du rock comme Bruce Springsteen, Neil Young ou Robert Plant montrent toujours une solide inspiration. Pas de doute non plus sur le fait que cette année finissante a été inouïe en termes de créativité, de télescopages sonores, de production phonographique alors que le marché comme l'industrie discrographique continuent de connaître le purgatoire. Pourtant, dans le rétroviseur 2007, par ailleurs marqué en termes de diffusion musicale par la brèche ouverte sur la Toile par Radiohead, c'est l'omniprésente inventivité féminine qu'on a envie de (re)garder et de célébrer.

Au même titre que dans d'autres domaines artistiques, la séduction des filles du rock a connu un pic extraordinaire, revêtu quantité de visages formels. Avec des figures de proue de la trempe d'Amy Winehouse qui, parmi les déglinguées-délurées du rock, a tout emporté sur son passage. Un succès fulgurant et fracassant pour la diva anglaise qui s'est construit sur une base soul rétro, autant au rayon des ventes de son fédérateur deuxième album Back to Black qu'à celui de la rubrique people. Mais avec ce supplément d'âme dans l'écriture, la mélodie, l'attitude et les frasques qui modèle l'étoffe d'une star.
D'autres figures rock ont porté haut ce flambeau de la provocation en 2007. Pas forcément avec la même aisance impertinente que la voix de braise de «Rehab», mais avec une langue tout aussi bien pendue, des idées novatrices ou une grâce folle. De la venimeuse Kate Nash à la ronde furie électrique Beth Ditto (Gossip), de la grâce charnelle de PJ Harvey aux blessures éternelles de Joni Mitchell, de l'exploratrice Björk à la céleste folkeuse Feist, de Cocorosie à Electrelane via Tori Amos, Mary J. Blige, Micky Green, Scout Niblett, Alela Diane ou, en France, Daphné, Pauline Croze, Constance Verluca, Yelle et Adrienne Pauly, beaucoup de disques féminins ont ainsi séduit bien au-delà des plastiques de leurs génitrices. Revers de la médaille ou corrolaire de ce salutaire appel et courant d'air, un lot incalculable de filles chantantes ont monopolisé l'attention pour de mauvaises raisons. Comme autant de coquilles vides, de mascara sur des paupières lourdes. Probant dernier exemple en date: ces Spice Girls réactivées dont le «girl power» prôné à l'époque a paradoxalement et sans doute décomplexé la génération actuelle. Ou encore, rien qu'en cette dernière saison froide, Kilye Minogue, Céline Dion et Britney Spears. Artifices de luxure, de droiture, de sentimentalisme et, surtout, de vide intergalactique, leurs répertoires soigneusement mis en scéne ont joué l'exclusive carte de l'assistance sonore artificielle pour produire un effet maximal.
Gare aux chausse-trappes d'une célébrité dévoyée donc, aux mirages que suscitent certaines femmes-objets. Bénédiction heureuse, derrière les ficelles de quelques marionnettes opportunistes se sont révélées d'authentiques perles. Voix militantes, joyeuses, profondes, sensibles ou graciles, celles qu'on aura contemplées ont refusé de mâcher leurs mots, de masquer leurs réels états d'âme pour épouser des partitions libertaires et parfois, comme Amy Winehouse ou Alela Diane, revisiter à leur manière le sépia d'une période.

Jiwa Music

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