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Le bon vieux Net.Art

Publié le 23 août 2010 par Paule @patty0green
C'était :
1-engagé
2-drôle
et vraiment
3-brillant!
Je suis en train de faire un travail de fond sur le bon vieux net.art! Je parle de celui de Cosic, Jodi, Bookchin, Shulgin et j'en passe, à l'aide de mon précieux, mais ô combien gribouillé, cahier de notes des séminaires d'histoire du net.art de Mark Amerika. Pourquoi précieux? Parce que je ne trouve des informations "historiques" nulle part ailleurs. On pourrait croire qu'à l'ère de l'archive numérique, ce serait facile : mais non! Il n'en est pas ainsi! Ce que je préférais des séminaires de Mark c'était :
1-Les coupures de papiers journaux
2-Les vieilles disquettes
3-Les vieux fliers
Le bon vieux Net.Art
Jodi
Faire un tel travail de fond demande à l'historien de fouiller dans les archives des mailing lists de Nettime, de Rhizome...etc, de reprendre le fil de vieilles discussions d'artistes à l'époque où l'Internet était le lieu sacré des initiés. Il faut pénétrer l'atmosphère, en prendre le pouls et faire comme si nous faisions partie de cette ongoing discussion. Il s'agit d'art engagé : je ne peux pas faire comme si ces œuvres ne faisaient pas partie d'un contexte. Leur phénoménologie y est tout reliée, à ce contexte. Un peu comme Warburg, mais surtout Burckhardt faisaient un tableau d'une époque révolue pour mieux en comprendre les subtilités, les simultanéités, je suis en train de me créer une image 3D, un petit monde virtuel du net de l'époque. Rares sont les historiens d'art qui ont eu la chance de véritablement pénétrer le monde virtuel qu'ils étaient en train de créer. Non, ils se tenaient à l'extérieur, mais l'historien, aujourd'hui, c'est
1-un créateur-collaborateur de monde virtuel
2-un avatar dans ce monde virtuel
et alors :
3-un acteur majeur de la remix culture
Le bon vieux Net.Art
Cosic
"Je veux être une vraie spécialiste" que je me dis tout en saisissant l'absurdité de l'expression! Mais les archives et les bouquins ne suffisent pas à retracer certains éléments qui m'apparaissent clés. En fait, je viens d'en mettre un petit paquet sur le bord de ma porte, genre, pour la récupération : "il n'y a rien là-dedans", que j'ai fini par comprendre. Je me suis surprise plus de trois fois cette semaine à contacter Mr. Net.Art à Boulder, car lui seul, ou presque, peut répondre à des questions de pointe : "est-ce que c'était un hoax ça? Qui a participé à ceci?" Je veux savoir tout, tout, tout! On fait quoi avec les notes de bas de page dans ce temps là? On verra...L'échange de courriels avec un net.artist m'apparaît une source de recherche tout à fait conséquente avec ma méthodologie qui est :
1-remix
2-interactive
3-interdisciplinaire
Le bon vieux Net.Art
Neddam
Je me rends bien compte que ce qui me fascine aujourd'hui, ce ne sont pas tant les oeuvres hypermédiatiques que les phénomènes émergents de la cyberculture au sens plus large : les blogs, les réseaux sociaux, les mondes virtuels, la remix culture. J'aime rarement les œuvres Flash, car en termes de propositions esthétiques, rien n'a jamais dépassé un Cosic ou un Jodi et que dire des oeuvres de Martine Neddam qui n'ont jamais dérogé d'une esthétique pré-2.0. Toutefois, je dois admettre que l'esthétique, plus récente, mais low-tech des oeuvres des artistes Chris Joseph et Kate Pullinger m'habite, il y a donc des exceptions, beaucoup même! Mais ce sont véritablement les œuvres du bon vieux net.art qui me passionnent, qui me prennent aux tripes. Craighead et Thomson ou Chatonsky, tout comme plusieurs artistes du early net art font aujourd'hui davantage de l'installation, ils ont quitté au moins partiellement le Web pour offrir des réflexions dans un espace tangible où les "hypes théoriciennes" sont moins envahissantes, du moins, pour l'imposition d'orientations esthétiques (simple hypothèse, ce ne sont pas les artistes qui ont dit une telle chose). Enfin, je suis fascinée par cette conscience historique que portaient les artistes des débuts du net.art, une conscience pré-historique devrais-je dire, dans la mesure où elles portaient l'imaginaire de ce que l'on retrouve sur le Web aujourd'hui :
1-des hypes
2-des canulars
3-des interfaces "user friendly", unfriendly pour les artistes.
Le bon vieux Net.Art
Shulgin
Le net.art est en lui-même l'antithèse de n'importe quelle thèse à son sujet. Le net.art se rit bien du théoricien qui oublie que le net.art était D'ABORD ET AVANT TOUT DE L'HUMOUR dans le vrai sens du terme. Une grosse farce avec une petite brèche. Je suis entrée par la petite brèche uqamienne pour me rendre compte de la grosse farce boulderienne. Rien à voir avec l'endroit en tant que tel, j'aurais pu dire que je suis entrée par la brèche que m'offre le théoricien pour me rendre compte de la grosse farce que le praticien avait préparer pour le théoricien :
1-l'infinité des origines
2-l'obsolescence de l'historien bien avant celles des technologies qu'il tente en vain de contrer!
Et, malheureusement...
3-la mort du bon vieux net.art dès que son nom fut prononcé

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