Magazine Humanitaire

Des chiffonniers du Caire au Roms, en passant par Calais.

Publié le 24 août 2010 par Kak94

Qui ne connaît l’acharnement avec lequel Sœur Emmanuelle aura tenté pendant des décennies d’amener les chiffonniers du Caire à envisager la scolarisation de leurs enfants ?

L’affaire n’est pas simple. Ces derniers représentant une main d’œuvre non négligeable, il lui aura fallu beaucoup de courage, de foi et de force de conviction pour introduire ce changement.

La situation sociale des chiffonniers est comparable à celle des Roms.

Peuple migrant, ayant fui la misère du sud Egypte, ils se sont installés en masse au Caire.

Leur survit est nait de la collecte des ordures des rues du Caire. Prenant possession d’un terrain à l’extérieur de la ville, très vite va naitre le plus grand bidonville du Caire. Ils sont prés de 20 000 à vivre au milieu des détritus…

Rejeté par une société qui voit d’un mauvais œil ces « chrétiens » élever des cochons au cœur de leur cité. Et comme toute société parallèle, le bidonville va être soumis à une organisation mafieuse, qui soumettra chaque nouvel arrivant à un racket…Tenu et organisé de l’intérieur le bidonville grandit.

Bientôt deux autres bidonvilles verront le jour, Maadi Tora et Ezbet el Nakhl.. L’arrivée de Sœur Emmanuelle dans cette structure sociale a été des plus difficile.

Son caractère aidant, elle a pu au fil des jours arriver à convaincre chaque famille de laisser leurs enfants accéder à l’école. D’abord les garçons…et quelques années plus tard les filles.

Les Roms ont connu un développement similaire aux chiffonniers. Installés en Roumanie, ce peuple nomade a voulu y reconstruire son identité après des années d’Exode et massacre.. Mais sa singularité en a vite fait un peuple d’exclus.

Vivant dans des bidonvilles, où l’aide Européenne est en grande partie détournée par la corruption, leur situation n’a pas changé depuis 40 ans.

Les enfants Roms ne sont pas, ici admis à l’école publique. Pour beaucoup, comme ce fut le cas pour les chiffonniers, aucun enfant n’est enregistré à l’état civil. Première barrière.

Le coût de cette reconnaissance sociale s’élève à prés de 50 eur.. ce qui est une forte somme pour ces familles, vivant pour la plupart de recyclage de métaux et du tri des poubelles des quartiers riches.

Alors ce sont des centaines d’hommes et de femmes qui prennent la décision de l’Exil à travers l’Europe pensant y trouver une place de citoyen digne de ce nom. L’intégration de la Roumanie à l’Europe fait croitre ce sentiment.

Mais en se déplaçant en Italie, en France ou ailleurs… ils transportent avec eux leur schéma sociétal. Les plus pauvres sont soumis à la loi des plus forts qui les aident à cet exil.

Subissant chantage et racket dans le silence. Car chez les Roms c’est la justice du clan qui prévaut sur celle de la société. Emprisonné dans la peur d’être exclus de ce clan, beaucoup se taisent, se soumettent à cette mafia interne et continuent d’ arpenter les rues de nos villes espérant renvoyer de l’argent à cette famille restée au pays.

C’est le même schéma que nous avons pu retrouver auprès des réfugiés Kurdes de Calais.

Impossible d’échapper au pouvoir du passeur. En immersion dans les groupes de réfugiés, ils surveillent tous leurs faits et gestes et décident de leur vie ou de leur abandon ( donc d’une mort certaine).

C’est le même constat qui ressort de ces situations, les pauvres livrés à eux mêmes, rejetés de par la société, se retrouvent en proies à des ordres mafieux. Là où l’Etat ne veut plus être…ils sont.

Alors le rôle de l’Europe n’est-il pas de protéger ces pauvres de ce système mafieux.. en dénonçant la corruption, en mettant en place des organes de surveillance qui veilleront à la destination des fonds européens pour ces minorités ? et enrayer enfin l'utilisation insensée des fonds publics d'aide au développement qui perpétuent les pièges de pauvreté.

Notre gouvernement aurait plus à faire en s’investissant dans une campagne de lutte contre la corruption, que de doter ces citoyens de 300 eur en les jetant à nouveau sur les chemins de l’exclusion.

Ceci est le rôle d’une grande nation comme la France. Ouvrir la voie à la concertation, mais à la racine… à l’origine du problème.

Nous avons posé des conditions draconiennes à la Turquie en vue de son adhésion à l’Europe.

Serions plus timoré à l’égard de la Roumanie ? ne voulant pas compromettre nos chances géo-politique Européennes dans cette région ?

Car n’oublions pas que la Roumanie est l’un des rempart vers la Moldavie… où stationne l’armée russe.

L’adhésion de la Roumanie et plus tard de la Moldavie repoussent ainsi les frontières de l’Europe avec la Russie.

Karima KOUIDRI


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