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Le Dernier Maître de l’Air (The Last Airbender) de M. Night Shyamalan

Par Geouf

Le Dernier Maître de l’Air (The Last Airbender) de M. Night Shyamalan

Résumé : Dans le monde, certaines personnes ont le pouvoir de maîtriser d’un des quatre éléments fondamentaux : l’air, l’eau, la terre et le feu. Mais seul une personne est capable de maîtriser les quatre éléments à la fois : l’Avatar, garant de l’équilibre du monde. Seulement, il y a une centaines d’années, le dernier Avatar en date a disparu mystérieusement. Le peuple du feu, bien décidé à asseoir sa domination sur le monde, a fait éliminer tous les membres du peuple de l’air dont l’Avatar était originaire. Mais lorsqu’une étrange sphère surgit des eaux glacées du Nord, un nouvel espoir renait : l’Avatar pourrait être de retour pour rétablir l’équilibre du monde…

Précédé d’une réputation calamiteuse après avoir été laminé par la critique américaine (le film atteint un score de 7% sur Rotten Tomatoes !) qui a taxé son réalisateur de raciste parce que ses héros étaient tous blancs, le premier blockbuster de Shyamalan n’est pas forcément le film que j’attendais le plus cet été. D’autant plus que le réalisateur autrefois respecté est sur la pente descendante depuis quelques années, après le mauvais La Jeune Fille de l’Eau et le sympathique mais oubliable Phénomènes. Cependant, le fait que Le Dernier Maître de l’Air soit son premier film d’action était plutôt intrigant, surtout lorsqu’on connait le soin maniaque du réalisateur lorsqu’il s’agit de composer une image. Mais malheureusement, s’il est loin d’être la purge innommable que laissait présager son score sur Rotten Tomatoes, Le Dernier Maître de l’Air n’en est pas pour autant un bon film.

Son principal défaut, c’est son scénario, à la fois lourdement explicatif (les voix off décrivant toutes les cinq minutes les motivations et sentiments des personnages pour être sûr que tout le monde a bien compris) et assez confus. Confus parce que tout va trop vite et que Shyamalan ne prend pas le temps de poser son univers. On se retrouve baladé d’un endroit à l’autre à la vitesse de l’éclair, sans réellement avoir le temps d’appréhender les situations, les personnages apparaissent et disparaissent en deux minutes (voir le sort réservé à la princesse de la tribu de l’eau), ce qui fait qu’on se désintéresse assez vite de ce qui se passe à l’écran. A cause de cette précipitation, certaines scènes perdent toute crédibilité, comme par exemple lors du soulèvement du peuple de la Terre contre le peuple du feu. Le héros fait un mini discours en disant qu’il est l’Avatar (mais sans le montrer, vu qu’il ne maîtrise qu’un élément sur quatre) et hop, les types se révoltent d’un coup alors que deux minutes avant ils disaient que c’était peine perdue et que les vilains du peuple du feu allaient se venger sur leurs familles. Idem pour la quête du héros, qui doit se rendre dans une tribu du peuple de l’eau pour apprendre à maîtriser ce pouvoir : l’apprentissage du pouvoir en question est évacué en vingt secondes alors qu’il s’agissait de l’aboutissement du film…

Le Dernier Maître de l’Air (The Last Airbender) de M. Night Shyamalan

Autre défaut gênant, l’interprétation exécrable d’une bonne partie du casting. Si le jeune Noah Ringer s’en sort à peu près bien dans le rôle de l’Avatar Aang, c’est loin d’être le cas de ses partenaires Nicola Peltz et Jackson Rathbone (déjà mauvais dans la saga Twilight, il faut l’avouer) qui surjouent à tout va, faisant parfois tomber le film dans le comique involontaire. De plus, il est vrai que le fait de faire jouer à deux acteurs blancs des personnages censé venir d’une tribu inuit est un peu étrange. Mais dans ce cas, si on veut vraiment crier au racisme, autant taper sur Sex and the City 2 et son mépris beauf de la culture orientale ou sur Prince of Persia et ses Perses blancs comme des yaourts (mais on me souffle que dans ces deux cas, c’est des Arabes alors on s’en fout). Celui qui s’en sort le mieux, c’est encore Dev Patel, qui réussit à faire oublier le rôle qui l’a révélé (le Slumdog Millionaire, c’est lui, pour ceux qui n’auraient pas suivi) en incarnant un méchant tragique possédant un peu plus de profondeur psychologique que les autres personnages. Mais cette mauvaise direction d’acteur reste surprenante et rageante de la part du réalisateur qui a offert presque leurs meilleurs rôles à Bruce Willis et Mel Gibson…

Le Dernier Maître de l’Air (The Last Airbender) de M. Night Shyamalan

Cependant, tout n’est pas raté dans Le Dernier Maître de l’Air. Tout d’abord, Shyamalan fait montre d’une aisance remarquable dans la gestion des effets spéciaux et des scènes d’action. Les quelques morceaux de bravoure sont magnifiquement chorégraphiés, fluides et toujours lisibles grâce à de magnifiques plans séquences suivant l’action. Ça change des sempiternels et insupportables montages cut « modernes ». De même, certains décors sont magnifiques et impressionnent par leur ampleur, comme la cité de glace du combat final. Dommage tout de même que l’affreuse et inutile 3D imposée en post production par le studio vienne ternir l’image, rendant certains détails difficiles à discerner. Le film gagnera certainement en ampleur visuelle lors de sa sortie en blu ray… Enfin, on appréciera aussi la philosophie anti belliqueuse du film, le héros finissant par vaincre ses adversaires sans avoir à verser une goutte de sang.

Le Dernier Maître de l’Air n’est donc pas la daube raciste annoncée, et est loin d’être le pire film de l’année, mais il s’agit tout de même d’un film bancal, souffrant principalement d’un rythme défaillant et d’une interprétation hasardeuse. On attend donc toujours le film qui fera revenir Shyamalan au niveau de ses débuts…

Note : 4/10


USA, 2010
Réalisation : M. Night Syamalan
Scénario : M. Night Shyamalan
Avec : Noah Ringer, Dev Patel, Nicola Peltz, Jackson Rathbone

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