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"Je suis une légende" : l’apocalypse selon Will Smith

Par Buzzline

Pitch : Robert Neville était un savant de haut niveau et de réputation mondiale, mais il en aurait fallu plus pour stopper les ravages de cet incurable et terrifiant virus d'origine humaine. Mystérieusement immunisé contre le mal, Neville est aujourd'hui le dernier homme à hanter les ruines de New York. Peut-être le dernier homme sur Terre... Depuis trois ans, il diffuse chaque jour des messages radio dans le fol espoir de trouver d'autres survivants. Nul n'a encore répondu. Mais Neville n'est pas seul. Des mutants, victimes de cette peste moderne - on les appelle les "Infectés" - rôdent dans les ténèbres... observent ses moindres gestes, guettent sa première erreur. Devenu l'ultime espoir de l'humanité, Neville se consacre tout entier à sa mission : venir à bout du virus, en annuler les terribles effets en se servant de son propre sang.

Ses innombrables ennemis lui en laisseront-ils le temps ? Le compte à rebours touche à sa fin...

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Notre avis : Un sympathique divertissement, assez spectaculaire et regorgeant de bonnes idées, mais se retrouvant malheureusement torpillé par des effets visuels artificiels et par les trente dernières minutes, désagréables d’académisme et de facilité… Tout commence pourtant relativement bien dans le film de Francis Lawrence : discours anti-conformiste lors d’un JT, ambiance apocalyptique sur une vision sidérante d’un New York dévasté…

Robert Neville (Will Smith), accompagné de sa chienne Sam, chasse le cerf en voiture sur Time Square, fusil et viseur à l’épaule. Le ton est donné et on jubile. Puis vient le quotidien assez surprenant du dernier homme sur Terre, qui a donc perdu tout contact humain. Une succession de scènes passionnantes où le spectateur suit un Will Smith massif et charismatique, tentant de ne pas perdre pied.
Qu’il s’agisse de parler à des mannequins ou de se passer des anciennes émissions de télé en boucle, le personnage de Robert Neville est un emblème d’humanité et nous permet de nous identifier comme il se doit à cette histoire.
Francis Lawrence fait mieux que son pâle Constantine. Grâce à d’ingénieux effets de réalisation (voir la sortie de Smith seul dans l’obscurité au sein d’un nid de vampires comparable à son état d’esprit au même moment), il réalise un film percutant bien qu’handicapé par des effets visuels un brin artificiels. Les vampires, trop peu présents, ne réussissent pas à convaincre sur la durée ni à s’imposer comme une réelle menace mais l’énergie globale remporte tout de même la mise.
Puis ce que l’on redoutait légèrement arrive.
Deux déceptions principales. Tout d’abord, le long flash-back sur le passé de Neville est découpé en quatre parties, histoire d’émouvoir, mais les réunir en une seule séquence aurait été plus judicieux. Egalement, le manque de relief de l’ensemble, qui est un peu trop propre pour convaincre.


La dernière demi-heure, quant à elle, torpille un film généreux de réalisme et de puissance, réduisant l’ensemble à un divertissement grand public pop corn, au lieu du grand film pessimiste qu’il aurait pu être.
La religion, la mythologie et les discours humanitaires instaurés par Lawrence et son personnage principal sentent plus la commande de studio que le livre original ou la volonté initiale du réalisateur.
Lorsque le personnage de Neville rencontre la mère de famille et son fils, tout bascule dans le divertissement grand public offrant quelques savoureux moments assez « relax » et un académisme agaçant. Nous nous retrouvons face à ce que l’on redoutait. La trame devient linéaire et très allégée, sans parler de la conclusion précipitée et trop facile pour convaincre.
On se dit, comme le laissaient présager les bruits de couloir, que  les studios sont probablement passés par là et ont commandé une fin moins pessimiste qu’à l’origine.
On ressort de la salle avec des images plein la tête mais surtout beaucoup de regrets et de frustration. Trente minutes de plus, du "brut de décoffrage" plus accentué, une intrigue plus complexe et des raccourcies spirituels en moins  auraient été les bienvenus.
Je suis une légende n’est donc qu’au final qu’un divertissement sympathique sans beaucoup d’envergure mais blindé de bonnes intentions. Félicitations à Will Smith, véritable pilier du film mais attendons une probable director’s cut en DVD pour juger de l’ambition initiale d’un Francis Lawrence qui doit s’en vouloir d’être passé à côté d’un vrai monument du cinéma.
On est bien loin de la puissance et démence fulgurante émotionnelle, brute, visuelle  et globale d’un 28 semaines plus tard ou d’un Fils de l’Homme

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Pourquoi y aller ?

Pour Will Smith impressionnant. Pour l'image sidérante d'un New-York dévasté. Pour la fusillade dans la maison de Neville. Pour la scène dans le nid de vampires. Pour l'énergie de l'ensemble.

Ce qui peut freiner ?

Le manque de souffle épique. Le dénouement trop facile et précipité. Les effets spéciaux des vampires trop artificiels. La dernière demi-heure bourrée de messages philosophiques et d'anecdotes spirituelles encombrantes.


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