Magazine Culture

Actrices

Publié le 26 décembre 2007 par Va33

La vie est un théâtre

Elle s'appelle Marcelline, pas Valeria. Mais, comme naguère la Federica de son premier film (le délicieux « Il est plus facile pour un chameau »), cette Marcelline-là ressemble beaucoup à Valeria Bruni-Tedeschi. A nouveau derrière et devant la caméra en même temps, la réalisatrice-comédienne joue plus que jamais au jeu du miroir-divan en créant et campant un magnifique personnage d'actrice dévorée et névrosée par le théâtre tout en courant toujours maladroitement après l'amour. Marcelline, donc, la quarantaine élégante, vit une vie en porte-à-faux. Entre le bel immeuble de la rive gauche où habitent aussi sa mère (incarnée, comme dans le premier film, par la vraie mère de la réalisatrice - et de sa soeur Carla Bruni, mais ceci est une autre histoire -) et sa tante, qui toutes deux la traitent de « vieille petite fille stupide », et le théâtre de banlieue où elle répète « Un mois à la campagne » sous la direction d'un metteur en scène autocrate.

Actrices

Entre la souffrance de se voir encore seule, à un âge où, dit la gynécologue, il sera bientôt trop tard pour enfanter, et celle de vouloir se dépasser pour incarner au mieux la sublime Nathalia Petrovna de Tourguenieff, qui « étouffe de ne pas pouvoir vivre ». Des deux côtés, la réalité fuit, s'effrite comme du carton-pâte. Alors, un jour, Marcelline craque...
« Actrices » ravira d'abord tous ceux qui aiment le théâtre et qui prendront joyeusement le train (pardon, ici, l'autobus) pour rejoindre avec Marcelline et son jeune partenaire (Louis Garrel, séducteur indifférent) le théâtre des Amandiers de Nanterre : Mathieu Amalric y incarne magistralement un metteur en scène aussi génial qu'odieux (toute ressemblance avec Patrice Chéreau...) flanqué d'une assistante aussi frustrée que fascinante (Noémie Lvosky, grandiose). Mais sa séduction va bien au-delà : pourtant presque impudique, le film possède une vraie grâce. C'est que l'aveu sincère, presque naïf, d'un mal-être très narcissique s'y tempère de malice et d'élégante autodérision, de folie douce et délicieuse.

Posté par va33 à 13:41 - Film - DVD - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#] 

Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Va33 29 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazine