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Barocco

Par Luc24

La critique  

Un film noir et obsédant avec une Isabelle Adjani magnifique

Dans une petite ville portuaire, la campagne électorale bat son plein. Samson (Gérard Depardieu), un jeune boxeur, décide de raconter ,en échange d' une forte somme d'argent, des détails croustillants sur un des candidats. L'occasion pour lui de débuter une nouvelle vie avec celle qu'il aime : Laure (Isabelle Adjani). Finalement, des proches du candidat lui achète son silence et Samson décide de ne plus faire l'interview. Quelques heures plus tard, le voilà enlevé et assassiné sous le regard terrorisé de Laure. Elle qui croyait enfin pouvoir mener une vie de rêve se retrouve sans rien... ou presque. En effet, Samson n'avait pas sur lui la valise contenant l'argent et c'est Laure qui la cache. Déjà qu'elle ne parvient pas à faire le deuil de son grand amour, la demoiselle va avoir à ses trousses toute une bande de malfrats aux intentions diverses, dont le tueur de Samson. Ce dernier lui ressemble d'ailleurs terriblement. D'abord obsédé par l'envie de retrouver l'argent de Samson, le tueur va progressivement tomber sous le charme de Laure, cette femme aussi fatale que sentimentale.

Love is a bloodsport

Voilà une oeuvre que le poids du temps n'a pas abimé. Le parti pris esthétique d'André Téchiné, qui désirait faire de ce film un polar noir très sophistiqué, continue d'éblouire. Aidé par la sublime musique de Philippe Sarde, le film ne met pas longtemps à séduire et fasciner le spectateur, l'emmenant dans les méandres intérieurs de la borderline Laure, interprétée avec grâce par Isabelle Adjani. Téchiné tire le portrait de destins brisés, de coeurs fatigués qui n'attendent plus grand chose de la vie. Ils sont plongés dans une société hostile et corrompue. Et si à tous les maux du monde , le seul remède restait pourtant l'amour ? S'enfermer dans cette bulle et ignorer toute la laideur qui nous entoure...

André Téchiné livre à la fois un film noir aux thèmes multiples (de société, intimes) et un vibrant hommage aux grands classiques du cinéma américain, avec Hitchcock comme principal modèle (on pourra difficilement ignorer les multiples clins d'oeil au légendaire Vertigo). Au final , on se laisse prendre au jeu, divertir, et on a cette impression si rare d'avoir assisté à un grand film.

 

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