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La magie de la Saint Sylvestre

Publié le 31 décembre 2007 par Chondre

Merde. Contrairement à Noël, la Sainte Bible ne mentionne nullement la soirée de la Saint Sylvestre, son réveillon au Champagne et la diffusion sur France 3 du spectacle du Crazy Horse. Marie se remet pourtant de sa grossesse. Elle est en pleine descente d’organes et son médecin lui a interdit de reprendre ses cours de step et ses footings. Joseph a distribué des cigares cubains à ses meilleurs amis. Il vient de zigouiller un mouton et cuisine un gigot à l’ail pour le réveillon. Les rois mages ne sont pas encore arrivés et beaucoup se préparent à se péter une dent en mangeant de la galette à la frangipane. Tout le monde se prépare à fêter Sylvestre, qui n’était ni un acteur américain botoxé, ni un chat de dessin animé, mais pape sous le règne de Constantin Premier entre 314 et 335 (à placer absolument ce soir entre le fromage et le dessert).

Trêve de plaisanterie. Je ne pense pas adhérer cette année au front d’opposition à la nouvelle année (fonacon) qui lutte de toutes ses forces pour que 2008 ne passe pas. L’année qui s’achève fut pour de nombreuses raisons une année atypique. Socialement, économiquement et politiquement avec l’avènement d’une nouvelle classe politicienne clinquante, impudique et surcommunicante, renvoyant à la préhistoire de la gouvernance Présidents et Ministres du passé et mêlant dangereusement vie publique et vie privée. Je me souviens m’être amusé à comparer il y a plus d’un an la réélection de Georges W Bush à la campagne menée par l’équipe de Nicolas Sarkozy. Les Français se moquaient de la connerie et du manque de discernement de ces bourrins d’américains. Sans compter sur ces imbéciles d’Italiens et Berlusconi. Les cons.

La France a pourtant fait encore plus fort. Toutes les classes sociales ont plébiscité Nicolas Sarkozy. Certains ont vu en lui le messie, seul capable de sortir le pays du marasme économique dans lequel notre pays est enfoncé depuis si longtemps. Les salauds de pauvres, représentants de la France d’en bas, ont creusé leurs tombes. Travail, famille et patrie semblent être les remèdes idéaux pour remettre la France d’aplomb. Les réformes sont en marche. Tous les domaines sont touchés: Justice, politique extérieure, santé, social et économie. Les représentants français font également la tournée des popotes en se prostituant à côté des plus grands dictateurs. Seule la Birmanie et la Corée du Nord manquent au tableau de chasse.

Lorsque les résultats ne sont pas au rendez-vous, on hypnotise le peuple. Une grève générale se prépare, on annonce le divorce du président. La visite du Guide de la grande révolution de la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste est catastrophique. Qu’importe. On passe rapidement à l’idylle avec Carla Bruni et on emmène Jean-Marie Bigard se faire bénir par le Pape. La prochaine crise sera certainement effacée par l’annonce du mariage de Nicolas. On adore feuilleter les pages glacées de “Point de vue-Images du monde”. Les Sarkozy font partie de notre famille, à l’image des Windsor en Grande-Bretagne. On suit leurs aventures. Ils représentent notre famille trou de balle à nous. Mais si la France est encore atteinte de Sarkome, elle risque cependant d’avoir mal au cul après les élections municipales, date à laquelle les pouvoirs seront vérouillés pendant quatre longues années.

A l’étranger, l’année se termine tragiquement. Le Pakistan s’enfonce dans le chaos après l’assassinat de Benazir Bhutto, le Moyen Orient est plus instable que jamais, la Russie reste une caricature de démocratie et les forces armées révolutionnaires de Colombie ne font toujours aucun geste pour libérer les otages les plus fragiles. Mais on s’en branle car Valérie Bègue conserve sa couronne de Miss France.

Deux mille sept fut également une année de transition personnelle. Snooze et moi-même nous sommes enfin installés en achetant notre appartement dans le dixième arrondissement. Nous avons tenté d’oublier les moments délicieux passés près de la place de la Nation en recréant un cocon douillet et chaleureux, un peu loin, bien malheureusement, de nos amis très proches avec qui nous avions l’habitude de vivre. Cette période fut éreintante moralement et physiquement mais le plus dur est passé et nous commençons tout juste à apprécier notre nouveau chez nous. C’est ça le bonheur.

Place donc à l’avenir, aux nouveaux projets, et pourquoi pas à l’adoption d’un enfant. Au bout de quinze années de vie en commun, je suis persuadé depuis bien longtemps que mon mari est l’homme idéal pour voir grandir avec moi un bambin. Ce nouveau défit risque d’être lui aussi éprouvant car s’il est difficile pour un couple hétérosexuel d’adopter, le parcours est semé d’embûches pour un couple atypique comme le notre. Si l’agrément est obtenu, nous aurons plus de chances d’adopter un cul de jatte sourd muet majeur tuberculeux qu’un tout petit bébé. Constat cynique mais tellement proche de la réalité.

Mais en attendant de pouponner et de changer des couches, je vous souhaite à toutes et à tous la plus belle et la plus douce des années.

Si si, je suis certain qu’elle sera belle.


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