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L'art est-il soluble dans la religion ?

Publié le 27 septembre 2010 par Aurialie

L'art est-il soluble dans la religion ? L'art contemporain et la religion font rarement bon ménage, en Russie notamment. La condamnation pour incitation à la haine religieuse et offense des sentiments des croyants (art. 282 du code pénal) des directeurs du musée Sakharov, Iouri Samodourov et Andreï Erofeïev, suite à l'organisation d'une exposition intitulée "Art Interdit 2006", a déjà été évoquée sur ce blog. Pour rappel, Iouri Samodourov avait déjà été condamné à payer une amende pour l'exposition "Attention : religion !".

Aujourd'hui, deux autres artistes voient leur vie perturbée à cause de la violation de cet article 282. Le 8 septembre 2010, l'artiste russe Oleg Mavromatti, qui vit en Bulgarie depuis 2000, s'est vu refuser le renouvellement de son passeport russe par le Consulat de la Fédération de Russie de Sofia. La raison : en 2000 il a fait deux performances dans lequel il se crucifiait, pour dénoncer la collusion entre le pouvoir et l'église orthodoxe. Etant poursuivi selon l'article 282, il a demandé et obtenu le statut de réfugié politique en Bulgarie et a ainsi pu échapper à un procès et a une condamnation de 3 à 5 ans de prison.

Avdei Ter-Oganian a vécu un peu la même histoire : en 1998 l'artiste risquait la prison pour avoir dénoncer l'idolâtrie russe en détruisant des reproductions d'icônes lors d'une performance. Il avait alors trouvé refuge en République tchèque. Aujourd'hui, l'Etat russe refuse de laisser ses œuvres sortir du territoire russe pour l'exposition "Contrepoint – l'art contemporain russe" qui s'ouvre le 14 octobre au Musée du Louvre. En signe de protestation, les artistes dont les œuvres doivent également être exposées, se sont dit prêts à refuser de participer à l'exposition.

Les artistes soutenant Oleg Mavromatti sont un peu plus extrêmes, à l'image de l'artiste qu'ils défendent. Boriana Rossa et Evgueni Losik ont gravé sur leur corps le chiffre 282, tout comme Oleg Mavromatti, qui a décidé de se scarifier jusqu'à ce qu'il obtienne toute la liberté nécessaire à son art. Denis Moustafin a également utilisé son corps pour protester : dans un centre culturel, après s'être ouvert les veines, il a récupéré son sang dans un verre, et s'est couvert le visage de son sang en répétant "La couleur de mon sang vous agresse" jusqu'à ce qu'il soit interrompu par un gardien.

Les performances de tous ces artistes étant assez extrêmes, j'ai préféré mettre une œuvre plus classique d'Avdei Ter-Oganian (source image - Gazeta.ru).


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