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Les Amours imaginaires : agaçant, mais classieux

Par Cineblogywood @Cineblogywood
Les Amours imaginaires : agaçant, mais classieux
En salles : Ah, qu’il est agaçant, ce Xavier Dolan… Après le brillant et féroce autofictionnel J’ai tué ma mère, voici que ce Canadien surdoué (il réalise, écrit et joue !) nous livre, à 22 ans, son deuxième film, sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs de Cannes au printemps dernier. Agaçant, comme son trio, arrogant, auto-centré, nombriliste, narcissique, mais tellement beau et fascinant ! Alors, oui, ces Amours imaginaires ressemblent davantage à un catalogue de premier de la classe. Premier de la classe, classieux.
Catalogue de références
Catalogue : In the mood for love, pour son attention quasi maniaque portée aux costumes et aux décors ; pour sublimes ralentis précédant les rendez-vous galants ; et pour ce même sentiment mélancolique qui succède à l’euphorie de la rencontre amoureuse.
My own private Idaho : pour la démarche de Xavier Dolan (bonnet, canadienne, coupe à la James Dean) qui ressemble à s’y méprendre à celle de River Phoenix ; pour une déclaration shamallow autour d’une flambée nocturne directement inspirée du film de Gus Van Sant.
Woody Allen, pour les monologues de jeunes gens racontant leurs déboires amoureux, à la manière du cinéaste new-yorkais ou de Quand Harry rencontre Sally.
Et Christophe Honoré : pour la thématique du trio, du badinage, de la confusion des identités sexuelles ; pour la ressemblance de Niels Schneider (déjà vu en amant de passage dans J’ai tué ma mère) avec Louis Garrel, et un caméo final qui enfonce le clou… !
Et plus secrètement, Musset, Rimbaud, Truffaut et Jules et Jim, Godard et Pierrot le fou, son actrice principale rappelant tantôt Carmen Maura, tantôt Audrey Hepburn, son acteur principal le David de Michel Ange. N’en jetez plus !
Inventif, jouissif et chichiteux
D’où un film souvent poseur, chichiteux, qui manque de spontanéité. Mais très inventif, jouissif sur la forme – BO aux petits oignons, de Dalida à Bach, en passant par Indochine – qui a pour lui la fougue de la jeunesse, le spleen des rêves adolescents et l’arrogance des films de surdoués. A l’instar du personnage davantage fasciné par l’amour que par la personne pour qui il l’éprouve, on sent Dolan davantage fasciné par son cinéma que par son sujet.
Comme si Dolan avait voulu se composer une carte de visite. Ou comme si, en s’attaquant à son 2e film, il avait été atteint du syndrome du 1er film : des références cinéphiliques comme s’il en pleuvait ; un sujet très autocentré assez classique – deux gars, une fille, et….aucune possibilité ! – choses auxquelles il pouvait renoncer aisément.
Xavier, on sait que t’es un grand. J’ai tué ma mère m’a impressionné par son mélange d’humour et de férocité, de tendresse et de violence. Bluffant et audacieux. Alors, s’il te plaît, la prochaine fois, s’il te plaît, ne te blinde pas derrière tes références, et filme-nous non des amours imaginaires, mais de vraies amours qui nous emportent, nous émeuvent et nous bouleversent !
Travis Bickle

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