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Cognac: un cas d’école de contrefaçon

Publié le 27 septembre 2010 par Openintelligences

Winston Churchill avait l’habitude de se faire livrer des caisses de Dvin, un brandy produit par la Yerevan Brandy Company, bras du gouvernement arménien. Le vent de la perestroïka a soufflé et le Dvin a failli ne devenir qu’un souvenir sur la photo de l’homme au cigare.

Pernot Ricard est cependant intervenu et le brandy arménien inonde aujourd’hui le marché noir.

I Pernot Ricard aide les producteurs de brandy arménien

La Yerevan Brandy Company, seul producteur de brandy arménien, est racheté en 1999 par le groupe Pernot Ricard. Le groupe français investi sur place. Il fait venir des spécialistes de cognac français, d’anciens grands maîtres de chai, pour raviver , renouveler, relancer le savoir-faire arménien: le brandy et le cognac sont en effet très similaires. Parrallèlement, il aide les agriculteurs locaux en matière d’équipements, traitement… Cinq ans plus tard, un concurrent arménien, Noy, émerge sur le marché: un producteur de brandy avec le savoir-faire français en matière de cognac.

II Dans un contexte propice au marché noir de cognac.

Le cognac est un produit protégé par une Apellation d’Origine Contrôlée: seule la région Cognac est autorisée à en produire. Or, les 5 grandes maisons françaises qui se partagent 80% du marché limitent la production alors que la demande ne cesse de croître: les prix sont donc très élevés. Le marché noir explose.

III Le faux cognac arménien inonde le marché noir européen.

En 2006, les douanes françaises saisissent 600 bouteilles de cognac de contrefaçon au port d’Anvers; la Belgique était leur destination la plus probable et elles venaient d’Arménie.

Pernot Ricard a transféré  le savoir-faire français d’un produit protégé par une AOC aux producteurs d’un pays sans marché concurrentiel encadré par un Etat de droit. Aujourd’hui, tant Pernot Ricard que les producteurs de la région Cognac doivent affronte rune concurrence agressive.

source: « Le marché mondial du faux » de Pierre Delval, CNRS Editions, p. 88 à 90

Alice Lacoye Mateus


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