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Florent Marchet, Rio Baril

Publié le 05 avril 2007 par Menear
Florent Marchet, je n'en n'avais jamais entendu parler jusqu'à un jour, il y a un an ou plus, où je déambulais plus ou moins par hasard sur la partie Musique du forum du Footoir. Sur le coup, ça ne m'avait pas plus emballé que ça. C'était son premier album, Gargilesse, et ça me laissait un peu sur ma faim. Je n'étais pas(ni ne suis devenu depuis) un grand fan de la chanson française, et encore moins de la pseudo « nouvelle scène française », si bien que dès que je comprenais instantanément les paroles d'une chanson, quelle qu'elle soit, j'avais un peu de mal. Et puis il y a une semaine environ, j'ai appris que ce Florent Marchet, dont je n'avais vraiment aimé qu'une ou deux chansons sur Gargilesse (« Levallois » et « Dimanche », notamment), avait sorti un nouvel album, qui s'appelait Rio Baril et que je devrais me passer en boucle durant les jours qui suivirent...
Florent Marchet, Rio Baril

Rio Baril est une sorte de concept-album qui raconte, à travers quatorze chansons (plus une instrumentale), la vie de « Rio Baril », bled paumé fictif qui servira de décor et d'unité à ce petit roman musical des plus agréable. La chanson titre, qui enchaîne une instrumentale d'ouverture, contribue à peindre par petites touches ce dit décor : clocher, école, Crédit Agricole, mairie fleurie, etc. Les autres chansons se font le porte-parole de personnages anonymes et divers : enfant, mère, trentenaire triste, ado en crise, vieux, et j'en passe. Le tout passant d'une piste à l'autre sans transition ; la musique comme un fil qui vient unifier tous ces portraits épars et qui, portée par ce projet commun, bâtit un microcosme intelligent, agréable et rafraîchissant. Certaines chansons optent pour l'intimiste que l'on retrouvait déjà sur Gargilesse (« J'ai 35 ans »), d'autres assument carrément leurs influences pop (« Sous les draps »), fait sans doute trop rare dans le paysage musical français adepte du parlé/chanté et du culte des noms propres.
L'album étant très bien structuré (ouverture, paysage, interludes, portraits, fermeture), on retrouve parfois quelques pistes transitoires bienvenues, tel « Il fait beau » ou « On a rien vu venir », respectivement touchante et humoristique. L'accompagnement, lui, se fait éclectique : l'habituel piano côtoie les curieux banjo ou ukulélé, tandis que les cuivres de l'orchestre philharmonique de Sofia vient relever le superbe refrain de « Notre jeunesse ». Étrangement, l'album s'ouvre et se clôt sur des instrumentaux où les sifflements rappellent les bandes originales de Western Spaghetti...
Au niveau de la voix, Florent Marchet, c'est un peu un mélange entre Alain Souchon et Benjamin Biolay (période Rose Kennedy / Négatif parce qu'après je n'aime plus trop), qui ne boude pas ces (bonnes) influences : il y a sans doute de l'Elliott Smith et du Sufjan Stevens chez ce bonhomme (références rabâchées à droite à gauche dans les articles qui le critiquent). On sent parfois qu'il ne se risque pas assez à se détacher de son ton fredonnant, mais ce n'est jamais lassant (contrairement à Gargilesse), et ces quelques pistes où il parle n'ont rien de trop « Vincent Delermien » et sont toujours bienvenues (« Les cachets » tout particulièrement, superbe).
Petit à petit, une écoute après l'autre, on se surprend à se sentir bien dans ce Rio Baril qu'on commence presque à connaître, à comprendre, et ces textes désabusés, parfois tristes, parfois cyniques, acides ou drôles, mais collées à des mélodies qui, elle, ne tiennent pas de la dépression nombrilisme des quelques acteurs de la « nouvelle scène française » que j'évoquais tout à l'heure. « Notre jeunesse », « Pavillon » et « Ce garçon » m'ont particulièrement touché. Les paroles, de plus, sont suffisamment réfléchies et composées pour ne pas tomber dans les niaiseries faciles d'une autre pseudo pop française (celle qui passe en radio).
Lors des dernières minutes, après ce « Tout est oublié » qui monte et qui monte et qui se tait simplement, c'est avec beaucoup de plaisir que l'on remet l'album au début, simplement parce qu'on en a envie et que c'est naturel.
Au passage, la page myspace de Florent Marchet, je vous la recommande, ne serait-ce que pour écouter quelques extraits de cet album, et puis la page Amazon, aussi, histoire de le commander, cet album, si jamais l'envie vous prend, après tout on ne sait jamais. Et un petit clip, aussi, merci à YouTube, avec la chanson titre. Alors « bienvenue à Rio Baril » si vous le voulez bien...

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