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Interview de Kavinsky pour Luxuriant 15

Publié le 19 octobre 2010 par Nobody

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Kavinsky incarne le Gainsbourg de la scène électronique élégante. Sa musique teintée de mélancolie, son allure romanesque, ses ambiances stratosphériques nous ramènent inévitablement au flegme de l’homme à la tête de chou. Profitant de la sortie de son nouveau maxi, nous avons choisi de convier, le vendredi 5 novembre, ce grand monsieur du beat à notre soirée Luxuriant, au cabaret le Splendid, rue du fort Neipperg, à Luxembourg gare. L’entrée sera toujours gratuite. Vos cages à miel exploseront indubitablement sous l’assaut des basses ravageuses. Vos pupilles se dilateront incontestablement devant les strings en strass et les corsages à paillettes. Vous pourrez évidemment vous délecter de l’open bar mais cette nuit là, celui qui boira le plus, s’appellera assurément Kavinsky. Entretien avec l’enfant terrible de la scène électro, pas le plus prolifique mais celui que tout le monde s’arrache. 

Tu viens de sortir ton nouvel EP « Nightcall ». Peut-on parler d’un son « Kavinsky » ?

 Il n’existe qu’à partir du moment où cette musique sort de mes machines, de mes veines.  La mélancolie habite toutes mes productions. Je ne peux pas faire de la musique festive comme Brodinsky par exemple.

Guy-Man des Daft Punk est à la production de ce maxi. Bonne expérience ?

 Nous voulions produire quelque chose de lent, une balade. C’était la première fois que je travaillais dans un gros studio avec des reliques comme le piano de Michel Berger. Ca met un peu mal à l’aise. Au début, nous avons fumé plus de joints que nous n’avons produit d’idées !  

Pourquoi être parti dans un délire morbide avec ton personnage de zombie?

 Ce n’est pas morbide, plutôt rigolo au contraire ! C’est inspiré des films de Dario Argento avec lesquels je me tapais des barres de rire ! Mon zombie va en boîte, il drague des meufs, il danse. Quand il est déprimé, il retourne sur sa tombe vide, un peu bourré. Il casse aussi la gueule à de vrais zombies car il lui reste un minimum de cerveau ! Il tourne juste au mojito, champagne et vodka, il n’a pas besoin de manger le cerveau des autres pour survivre !

Tu penses que c’est meilleur pour un artiste de véhiculer une image, des dessins, plutôt que de se montrer ?

Oui totalement ! C’est pour cette raison que je refuse de me faire filmer. Je déteste voir ma tête à côté de ma musique.  Je ne peux pas faire comme Moby qui met sa « gueule de pet » sur ses pochettes et qui prétend ensuite que les mecs voyagent à travers sa tronche.

Aujourd’hui tu aimes ta vie ?

Carrément. Je ne sais pas s’il faut parler de ma vie d’avant mais je ne suis pas un mec qui pétait dans la soie ! Je bossais pour Manpower, je cassais des murs. Je faisais des travaux où je n’étais même pas qualifié. J’ai tout fait comme job : de conseiller clientèle chez SFR, à postier en passant par casseur de mur et fabricant de babyfoot. J’ai fait une bonne cinquantaine de métiers en 4 ou 5 ans.

 T’es fort en babyfoot J?

 J’étais super mauvais ! J’ai donc bossé pour Bonzini, la célèbre marque de babyfoot. J’ai commencé par les monter et me tuer les mains. Dans un atelier, pour les clients les plus riches, tu pouvais faire peindre ton équipe de figurines sur-mesure. Je me suis incrusté car je leur ai dit que je sortais d’une école de graphisme. Les mecs ne m’ont plus lâché ! Je peignais même la calvitie de Zidane !

 Si une Kaviskette existait sur Terre, elle te ressemblerait ?

 Je n’aimerai pas pour elle car elle serait bien laide J! A Berkeley, pour un concert des Daft Punk,  j’ai rencontré une meuf qui s’était complètement « kavinskée » ! Elle avait les cheveux teints en bleu, elle portait le blouson de mon personnage, elle était complètement raccord ! Ca m’a bluffé !

 Tu joues combien de fois par mois ?

Ca dépend, parfois jusqu’à 5 fois. Mais je ne suis pas très pro par rapport au fait de mixer. Je suis un sale gosse, je ne suis pas toujours frais d’un bout à l’autre de mes sets, je me charge trop ! J’ai même fait un coma éthylique sur scène à Moscou J!

 Vous allez produire du son avec SebastiAn ?

Nous avons fait déjà deux morceaux sur mon prochain album et ce ne sont pas les plus mauvais ! C’est un aboutissement qu’il soit dessus car nous avons partagé notre vie pendant 4 ou 5 ans.La date de sortie est prévue pour mars ou avril. J’ai beaucoup de pression !

 Est-ce que parfois tu ne te sens pas décalé par rapport à un public de kids ?

Non pas trop car je ne suis pas vraiment mature dans ma tête à 35ans J! Ca me laisse dans l’insouciance et ça fait du bien dans un milieu souvent limité niveau fun, un milieu peuplé d’artistes qui veulent réussir à tout prix et que je déteste. Je préfère jouer pour des kids de 17ans que pour des mecs de 35ans qui font la gueule au bar!

 Si tu choppais la grosse tête, qu’est-ce que tu aimerais que tes potes te disent pour te calmer ?

Ca a du déjà m’arriver une ou deux fois  parce que je m’étais fait une meuf trop bonne et que je le racontais à tout le monde ! J’ai des gens posés autour de moi qui me foutraient un bon coup de pied au cul, comme Pedro Winter par exemple.

 Est-ce vrai que c’est toi qui a donné le sample à la base du  « Signatune » à DJ Mehdi ?

Exact ! J’ai donné aussi le sample du « Phantom » de Justice. Nous étions réunis sur une date à Londres. J’ai mis en intro « Tenebres » de Gobelin. Xavier de Justice est venu me voir en me demandant quel était le morceau. Il m’a réclamé mon cd à la fin de mon set et une semaine après il l’avait samplé ! Je suis assez fier d’ailleurs !Pour Mehdi, c’est un morceau de Dynasty qui est pour moi le meilleur morceau de funk de tous les temps. Je lui ai fait écouter et il a aimé !

 Ton morceau « Testarossa Autrodrive » est fortement inspiré du remix des Buffalo Bunch du morceau « We don’t care » des Audiobullys. Inspiration ou art du sampling?

C’est un morceau ultra basique composé sur un DX7 sans autre instrument avec un kick et une snare. J’aime être simple. Je n’ai pas les moyens musicaux de faire plus compliqué. J’ai juste fait de la flûte à bec en 4ème mais je n’en ai fait que deux fois car j’oubliais toujours ma flûte ! Mais pour ce morceau, je ne connaissais pas les Buffalo Bunch.

 A propos des Buffalo Bunch, Play Paul dit que tu bois trop. Tu as quelque chose à lui rétorquer ? 

Il dit trop de conneries ! D’ailleurs son boulot, c’est d’écrire des conneries sur Facebook ! Il me fait bien marrer tous les jours en tout cas mais je ne rétorquerais bien !

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