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Retour vers le futur : le premier article du Monde sur Google

Publié le 05 novembre 2010 par Davidme

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Hier soir, j’ai vu mon ami l’excellentissime Frederic Bianchi . On a discuté. Et il m’a fourni une idée de billet de blog. Ce billet existe donc uniquement grâce à lui. Vous pouvez le suivre sur Twitter.

Dans le cerveau de Fred, il se passe pas mal de choses et après avoir vu “The Social Network”, il a eu l’excellente idée d’aller surfer sur internet pour retrouver le premier papier paru dans le Monde à propos de Google. C’était le 13 janvier 1999, Le Monde parle d’un mode de classement innovant inventé par les fondateurs de Google qui rêvait alors de s’installer à Palo Alto. Pour eux, en 1999, le loyer était trop cher. Souvenirs.

“Google à l’assaut de la Toile
Article paru dans l’édition du 13.01.99
Deux étudiants se lancent sur le marché encombré des sites d’index avec un mode de classement innovant

ERGEY BRIN et Larry Page étaient doctorants à l’université Stanford, le mythique campus de Palo Alto en Californie. Après trois ans de travaux sur les techniques de recherche d’informations et dix-huit mois de réflexion, ils ont abandonné leurs études pour fonder Google Inc, avec la ferme intention d’en faire un géant de la recherche sur Internet. Leur site vient ainsi de passer du label « .edu » des universités américaines au « .com » des entreprises à but lucratif. Sergey Brin revendique aujourd’hui plusieurs centaines de milliers de connexions par jour, un nombre « multiplié par dix tous les six mois ». L’originalité de Google n’apparaît pas au premier abord. Le savoir-faire de ses chercheurs est masqué par une interface plutôt austère. « Notre force réside dans la méthode de classement des documents à chaque requête », explique Sergey Brin.

Contrairement à Yahoo, un annuaire qui repose sur une base de données construite par des dizaines d’internautes, Google appartient, en effet, à la catégorie des moteurs de recherche. Il s’appuie sur un logiciel- robot chargé de visiter les sites de la Toile et d’indexer les documents.
Pour chaque fichier rencontré sur la Toile, les ordinateurs de Google recherchent, dans leur base de données, les documents qui pointent sur lui. A chaque citation, sa note de pertinence s’accroît. « Un document fréquemment cité en référence est a priori plus intéressant qu’un document que personne n’a remarqué », avance Sergey Brin. Ce parti pris laisse sans doute de côté des joyaux inconnus de la Toile, mais s’avère très efficace à l’usage. Ainsi, une recherche avec les mots « Bill Clinton » sur Google renvoie d’abord au site de la Maison Blanche, alors qu’AltaVista ne fait apparaître le site qu’après des dizaines d’autres références.

Les fondateurs de Google s’attachent désormais à améliorer la rapidité de leur outil, saturé par son succès en dépit d’une connexion à 100 Mbits/s. Ils étudient également des versions étrangères de leur site offrant la possibilité de restreindre la recherche à une langue donnée.
Leur base de données recense aujourd’hui 60 millions de documents mis à jour deux fois par mois. Mais, avertit Sergey Brin, « nous préparons un index de 150 millions de pages, avec l’objectif d’être en mesure de le refondre complètement sur un rythme mensuel ». On imagine la quantité de de calculs et d’astuces nécessaires pour vérifier le nombre de citations de chacun d’entre eux… « Le terme « google » signifie 10100 ; autrement dit, un 1 suivi de 100 zéros, précise le site. Ce mot a été prononcé par le neveu d’Edward Kasner, un mathématicien qui cherchait un terme pour désigner ce nombre… »
Sergey Brin et Larry Page ont réussi à convaincre différents investisseurs d’injecter plusieurs centaines de milliers de dollars dans l’entreprise, avec un objectif de rentabilité encore incertain. Mais Sergey Brin estime qu’il n’est pas trop tard pour investir le marché pourtant encombré de la recherche d’informations sur Internet : « Notre apport technologique permettra à Google de trouver sa place. » Son flegme ne semble pas effrayer les actionnaires, habitués à investir dans les start-up. On trouve parmi eux, Andy Bechtolsheim, cofondateur de Sun et aujourd’hui vice-président du géant du réseau Cisco, et Ron Shriram, un ancien de chez Netscape. « Il a été très facile pour nous de trouver des fonds, reconnaît Sergey Brin. Le site Google expérimental [installé sur les serveurs de Stanford avait suscité la curiosité des spécialistes. Nous avons pu nous offrir le luxe de choisir nos partenaires. »

Les fondateurs de Google ont également bénéficié de l’appui de leur université d’origine. Propriétaire de la technologie développée en son sein, elle devrait prendre des parts dans l’entreprise : « Stanford a toujours pratiqué une politique de licence raisonnable avec les chercheurs qui créent des entreprises. » Les faibles royalties que l’université réclame permettront aux deux doctorants de tenir un an. Sergey Brin et Larry Page rêvent du jour où ils pourront s’offrir des bureaux à 240 francs le mètre carré mensuel dans le Downtown, le coeur de Palo Alto. Sergey Brin reconnaît que « les bureaux sont moins chers à San Francisco », avant d’ajouter que « s’installer à Palo Alto est une consécration ».
DENIS DELBECQ “


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