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Ciseaux, Papier, Caillou au TNT

Publié le 08 novembre 2010 par Toulouseblog

La pièce Ciseaux, Papier, Caillou est en représentation au Théâtre National de Toulouse pour deux représentations, les 9 et 10 novembre.

Ciseaux, papier, caillou est un poème dramatique de l'auteur australien Daniel Keene. Le réel y est abordé de plein fouet et pourtant rien n'y est ordinaire...
« L'origine de la pièce est très simple ; elle m’a été inspirée par l'expression que j’ai vue sur le visage d'un homme. Cet homme, je l’avais croisé à plusieurs reprises. Ses deux petits enfants, un garçon et une fille, fréquentaient la même école que le plus jeune de mes fils. J'attendais devant la grille de l'école pour récupérer mon fils à la fin de la journée. Cet homme, appelons-le K., attendait lui aussi. Il avait dans les quarante-cinq ans et portait une salopette grise. Il boitait légèrement. Nous nous sommes salués d'un signe de tête. Quand ses deux petits enfants ont franchi la grille en courant, il s'est penché et a pris la petite fille dans ses bras. Son fils s'agrippait à sa jambe. Tous les deux parlaient en même temps, racontant leur jour d'école à leur père. Il y avait beaucoup d'autres parents qui se pressaient autour de la grille. Deux femmes non loin parlaient justement de K. Elles avaient appris qu'il avait perdu son travail récemment. Les enfants continuaient de franchir la grille, s'agglutinant autour des adultes, riant, criant, courant, heureux que leur jour d'école ait pris fin. Quelqu'un derrière moi a lancé le nom de K. Il s'est retourné et j'ai vu sur son visage une expression difficile à décrire. Son visage paraissait terriblement nu, terriblement ouvert ; rien n'y était dissimulé. Son expression était celle d’un homme à la fois innocent et vaincu, plein d'espoir et pourtant perdu. C'était l'expression d'un jeune garçon, mais pleine d'une espèce de lassitude et de résignation. Il se tenait là, au milieu d'un océan d'enfants, à côté des deux qu'il aimait, mais pour moi c'était comme si la plus infime rafale de vent pouvait l'emporter, qu'une averse suffirait à le dissoudre. Il avait l'air d'un homme aussi fragile que du papier. Son visage ensuite ne m'a plus quitté, pendant des semaines. J’ai même rêvé de lui. Dans mon rêve, il était seul, marchant quelque part, dans un lieu que je ne reconnaissais pas, vêtu de sa salopette grise, boitant légèrement. Je ne savais pas où il allait. Mais je me sentais obligé de le suivre.
Mon plus vif désir quand j'ai commencé à écrire ciseaux, papier, caillou, c’était de créer un personnage dont on puisse dire que c'est « un homme bien », quelqu'un dont la famille comptait plus que tout, qui était fier de pouvoir prendre soin d'elle. Quand un tel homme perd son travail, il perd beaucoup plus que ça. Il perd le sens de ce qu’il vaut, il perd la réalité qui le définit. Il doit essayer de se recréer. Comment peut-il faire ça ? De quels outils dispose-t-il ? Il doit s'atteler à la tâche les mains vides. Il doit créer quelque chose à partir de rien, c'est du moins ce qu'il doit ressentir.
Je voulais que le tailleur de pierre de ciseaux, papier, caillou ressemble à K., mais pas littéralement ; je voulais que le tailleur de pierre soit aussi nu et fragile, aussi innocent, aussi perdu. Je voulais créer quelque chose qui donne un sens à cette expression que j'avais vue si fugitivement sur le visage de K., une expression qui me semblait raconter l'histoire de sa vie. »

Mardi 9 et Mercredi 10 novembre à 20h au TNT
Tarifs: 22€

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