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Epilogue : La Beac récupère ses 7 milliards de Fcfa à la Guinée Equatoriale

Publié le 09 novembre 2010 par 237online @237online

Écrit par Mutations   

Mardi, 09 Novembre 2010 09:36

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Epilogue : La Beac récupère ses 7 milliards de Fcfa à la Guinée Equatoriale
Pour la rétrocession de cette somme représentant «un trop perçu» dans les transactions entre les deux parties, le bras de fer a duré un an.
C'est finalement un dénouement heureux. Après un peu plus d'un an de négociations empreintes de réticences des autoritaires monétaires de Malabo, les services du Trésor public équato-guinéen ont enfin transféré dans les comptes de la Banque des Etats de l'Afrique centrale (Beac), la rondelette somme de 7,3 milliards de Fcfa. Cet argent parvenu à l'institut d'émission des six pays membres de la Communauté économique et monétaire des Etats de l'Afrique centrale (Cemac), au cours de la première quinzaine du mois d'octobre dernier, représente officiellement «le trop perçu» suite à «une erreur» survenue au cours d'un transfert de fonds de cette banque centrale en faveur de la Guinée Equatoriale.

Selon des informations puisées à très bonnes sources, le retour de ce pactole dans les comptes de la banque centrale a été précédé par une mission du vice-gouverneur de la Beac, Tahir Nguiline, à Malabo. Ce membre du gouvernement de la Beac est allé, apprend-on, remercier le président équato-guinéen, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, qui, après confrontations des documents comptables de la Beac et du Trésor équato-guinéen, a accepté le remboursement de ce «trop perçu» de 7,3 milliards de Fcfa. Ce voyage du vice-gouverneur de la banque centrale peut être considéré comme un véritable retour en grâce dans cette affaire.

On se souvient en effet que ce dernier avait été écarté de la délégation de la Beac envoyée en mission de vérification à Malabo le 1er septembre dernier. Courroucé, Tahir Nguiline avait alors précipitamment quitté Yaoundé pour se rendre dans son pays : le Tchad. Selon des sources très bien informées, le vice-gouverneur de la Beac, qui avait déjà réussi à faire rembourser au mois de mai dernier 3 et 8 milliards de Fcfa (représentant respectivement «le trop perçu» de la République centrafricaine et du Cameroun) à l'institut d'émission des pays de la Cemac, n'avait pas apprécié d'être dessaisi du dossier pour avoir essuyé un premier revers lors des négociations avec Baltasar Engonga Edjo, le ministre des Finances de Guinée Equatoriale. C'était en août dernier.

C'est au cours de cette mission au terme de laquelle l'équipe conduite par Tahir Nguiline rentrera bredouille à Yaoundé le 27 août 2010, que le ministre Engonga de Guinée Equatoriale va exiger la confrontation des documents comptables de la Beac et du Trésor équato-guinéen par des équipes de spécialistes des deux institutions, afin de s'assurer de la légitimité de la réclamation du «trop perçu» par la Beac. C'est sur ces entrefaites que la Beac mettra en mission à partir du 1er septembre 2010, une délégation de quatre personnes dirigée par le Centrafricain Constant Ngoye, adjoint au directeur de la comptabilité de la Beac. Cette délégation dans laquelle on ne retrouvera pas le nom du vice-gouverneur qui avait mené les négociations jusqu'à ce niveau, était en outre constituée de René Bemba, également adjoint au directeur de la comptabilité, du Congolais Ottoli, cadre à la direction de la comptabilité de la Beac, et du Camerounais Bakendenda, cadre moyen au sein de la même direction.

Confrontation
Pendant trois semaines (pour une mission initialement prévue pour une dizaine de jours), tous les documents de transactions financières entre la Beac et les services du Trésor équato-guinéen sur la période incriminée, seront contradictoirement épluchés. Comme l'avait promis le ministre des Finances Engonga Edjo, les conclusions de ces vérifications qui ont effectivement révélé «un trop perçu» de 7,3 milliards de Fcfa dû à la Beac, ont été aussitôt transmises au président Obiang Nguema. Le chef de l'Etat équato-guinéen va alors ordonner le remboursement de la somme réclamée, lequel pactole est parvenu à la Beac deux semaines seulement après la fin de la mission de vérification. A en croire nos sources, le dynamisme dont a fait montre la Beac au sujet du recouvrement de ces 7,3 milliards de Fcfa tient de ce que la banque centrale a un besoin urgent de 10 à 20 milliards de Fcfa pour équilibrer ses comptes 2010.

Ceci malgré la révision à la baisse du budget en plein exercice 2010 et la réduction de certains avantages jadis octroyés aux cadres de la banque.
Nos sources précisent qu'en cas de nouvel échec à la suite de la vérification des comptes imposée par le gouvernement équato-guinéen, la banque centrale, à la tête de laquelle trône un Equato-guinéen depuis janvier 2010, aurait certainement été embarrassée à utiliser son pouvoir de saisir le compte de la Guinée Equatoriale au siège de la Beac à Yaoundé ou à l'agence de cette banque centrale à Malabo, afin de récupérer les fonds indûment transférés. En tout cas, en dénouant cette affaire au profit de la Beac, le président Obiang Nguema a aussi évité au gouverneur Lucas Abaga Nchama, son protégé, la difficulté d'un choix cornélien.

Contexte et genèse du bras de fer
Depuis au moins un an, la Beac fait face à une insuffisance de ressources consécutive à la baisse des retombées de ses produits. Notamment le taux d'intérêt sur le compte d'opération de la Beac logé au Trésor français, lequel taux est passé de 2,75 à 1%, soit une baisse de 60% ; et le ralentissement de l'activité de la salle des marchés suite au mauvais placement de la Sg qui a fait perdre 16 milliards de Fcfa à la banque centrale. Face à la baisse des ressources que lui procurent ses produits, d'une part, et l'obligation de continuer à jouer son rôle de pourvoyeur de fonds aux Etats-membres qui la sollicitent, d'autre part ; la Beac a décidé depuis un an d'utiliser les dépôts spéciaux, notamment le compte des générations futures alimenté par les Etats, pour satisfaire les besoins financiers des différents pays de la Cemac.

C'est ainsi qu'à la demande des Etats, l'argent du compte des générations futures leur est prêté contre une rémunération de 5%. Et selon nos informations, les différents remboursements se sont toujours effectués sans anicroche. Il se trouve simplement qu' à l'issue d'un pointage des fonds transférés à partir de ce compte en faveur des Etats demandeurs de financements, la Beac s'est rendue compte qu'elle avait, officiellement «par erreur», transféré plus d'argent qu'il n'en fallait à trois pays : le Cameroun, la République centrafricaine et la Guinée Equatoriale.
A en croire nos sources, il n'a pas été très difficile de récupérer, en mai 2010, les 8 milliards indûment transférés au Trésor camerounais, ainsi que les 3 milliards de Fcfa de «trop perçu» encaissés par le Trésor public centrafricain. La Guinée Equatoriale, par la voix de son ministre des Finances, Baltazar Engonga Edjo, avait exigé des vérifications préalables. C'était au terme d'une mission conduite à Malabo les 26 et 27 août 2010 par le vice-gouverneur de la Beac, Tahir Nguiline.

Au demeurant, si l'on peut se féliciter du dénouement de cette affaire, des interrogations subsistent. En effet, d'où vient-il qu'une banque centrale sensée utiliser des technologies de pointe pour ses opérations, et employer des experts aguerris au regard de la délicatesse de ses missions, en soit à commettre «des erreurs» qui lui font perdre jusqu'à...18 milliards de Fcfa (8 milliards de trop perçu pour le Cameroun, 3 milliards de Fcfa pour la Rca et 7 milliards de Fcfa pour la Guinée Equatoriale) en un an ?
Au regard de la dextérité avec laquelle les détournements au bureau de Paris (19 milliards de Fcfa) ont été opérés, du niveau d'implication au moins indirect des plus hauts responsables de cette banque centrale et des maquillages des comptes qui s'en sont suivis pendant quatre ans (2004-2008), ces «erreurs» commises dans les transferts des fonds de la Beac vers certains Trésors nationaux sont-elles réellement des «erreurs» commises de bonne foi ou alors des tentatives de détournements que l'on essaye simplement de rattraper?


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