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Apocalypse Bébé de Virginie Despentes

Par Ngiroux

Apocalypse Bébé de Virginie Despentes« Je suis la gourde mal payée qui vient de se taper quinze jours de planque pour surveiller une adolescente nymphomane défoncée à la coke et hyper active.  Depuis deux ans que je travaille à la Reldanch, on ne me confie que çà, la surveillance des adolescents. Je m’en étais pas mal tiré jusqu’à ce que Valentine Galtan disparaisse.»

 Lucie Toledo, détective privé se voit chargé d’élucider la disparition de l’adolescente.  Une jolie prime, plus les frais sont accordés.  Elle obtient l’aide d’une pro, connue dans tous les milieux, on la surnomme la Hyène, très grande, les joues creusées, Ray-Ban fumées de mec, blouson étriqué, en cuir blanc, elle se prend pour une star. « C’est du tragique pur, quand tu l’approches de près, tu sais vraiment ce que c’est la solitude, la tristesse et l’inaptitude.» 

Tour à tour, l’enquête nous présente l’entourage de l’adolescente disparue, son père François Galtan, sa mère, sa femme, ses amis, et sa mère biologique Vanessa, qui vit à Barcelone. La grande qualité du roman, au fil des chapitres, l’auteure nous offre une immersion du personnage, une mise à nu qui nous amène directement à l’essentiel, sans fioriture, sans préambule : Son père s’en battait les couilles, de sa fille, sa belle-mère voulait qu’elle dégage, la grand-mère ne pouvait pas la saquer et sa pute de mère avait oublié jusqu’à sa date d’anniversaire. Mais La Hyène s’intéresse à ce petit personnage, il y avait eu la photo de Valentine.  «Une explosion affective, tonitruante et irrationnelle.  Quelque chose dans ses yeux lui avait ouvert la cage thoracique.  Rien de sexuel, c’était beaucoup plus perturbant que çà.  Une vrille.  C’était inexplicable, mais impératif.»  

Un portrait, sexuel, économique, pessimiste, noire d’une Europe contemporaine, marginale, une satire sociale, un regard sur une jeunesse à l’abandon, un thriller endiablé teinté de lesbianisme, drogues et ce magnifique personnage cette lesbienne androgyne la Hyène et cette attendrissante et pathétique Julie. Une plume qui dénude, qui défarde, qui décape le faux-semblant. Tout simplement à lire. « Un must »



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