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Le « Prix Constantin » version It’s Only Rock and Folk.

Publié le 12 novembre 2010 par Swann

Le « Prix Constantin » version It’s Only Rock and Folk.Dans ma conception de la musique, je fonctionne à l’émotion. Je m’en fous un peu de la partie business de la musique : ce monde de requins et de fauves sauvages qui ne regardent que le nombre d’albums vendus, et le potentiel bankable d’un artiste. Chez moi, la musique est faite pour « adoucir les mœurs« , elle est là pour réconforter quand ça va pas bien, pour faire bouger le corps quand ça va très bien. Bref, je prends la musique dans le sens premier du terme. Selon la plus grande encyclopédie du web qu’on croit sur parole : « La musique est un art.  Elle est à la fois une création et une représentation« .

Et puis, la musique a un effet tout particulier sur le système neuronale d’une personne. (oui je me suis amusée à lire un rapport qui s’appelle la Symphonie Neuronale, du CNRS pour tout vous dire), selon la chercheuse Stéphanie Khalfa, quand on écoute de la musique « Des changements apparaissent très tôt, une à trois secondes après le début de l’écoute. Ils révèlent des émotions de gaieté ou de peur. Les muscles zygomatiques au niveau des pommettes faciales s’activent, la pression sanguine varie et on observe une micro-transpiration au niveau des paumes des mains ».

En suivant cette observation de mademoiselle la chercheuse, j’ai tenté de voir quels effets provoqueraient sur moi les nominés du Prix Constantin. Rappel : le s nommés sont (actuellement à l’Olympia) Arnaud Fleurant-Didier, Zaz, Gush, Hindi Zahra, Stromaé, Ben L’Oncle Soul, Camélia Jordana, Féloche, Carmen Maria Vega, Féfé. L’album qui provoque la plus grosse émotion, serait alors le vainqueur pour moi du Prix.

Après avoir passé un à un les albums de chacun, voilà ce que j’ai pu constater :

Arnaud Fleurant Didier (La Reproduction).

Musicalement parlant : c’est bien. Trop bien peut-être. Mais encore ? Oui, la plume est belle, très belle, j’aime bien ce côté un peu contestaire et littéraire d’AFD. Mais je n’aime pas ce côté « slam orchestré pop ». Pour moi le slam ça reste dans les cafés, et sans orchestration.

Bilan : aucun changement comportemental visible. Insensible

Zaz (Zaz)

Musicalement parlant : agaçant. Mais encore ? Rien d’autre. J’ai pas pu écouter plus loin que la première chanson de son album.

Bilan  : Palpitation. Peur. Rejet total

Gush (Everybody’s God)

De la pop un peu sucrée mélangée à du rock sauce sixties. Du Beach Boys avec les Beattles. Forcément la mayonnaise elle prend. Ça donne envie de danser, de sauter, de rire, crier. Gush, ça rend heureux !

Bilan : Cœur qui bat à la chamade.

Hindi Zahra (Handmade)

Une guitare folk, des sonorités orientales et épicés, une voix de velours, un univers torturé empreint de sensualité. On ne résiste pas à cette ensorceleuse. Après avoir dansé et sautillé partout avec Gush, l’esprit se repose et s’évade avec Handmade.

Bilan : completely peaceful.

Stromae (Cheese)

Musicalement parlant : c’est bidouillé bien comme il le faut sur un petit ordinateur, ça mélange le hiphop et l’électro, c’est ultra dansant. Mais, les paroles sont bien déprimantes. Arrivée à « dodo l’enfant do », on arrête la lecture de l’album, mon petit coeur a été choquée par la violence du morceau.

Bilan : déprimée

Ben L’Oncle Soul (Soulman)

Ca respire l’Amérique Noire de James Brown, de la Motown, du swing. Ben non, la soul n’appartient pas qu’aux américains, Ben L’Oncle Soul fait tout aussi bien, lui qui arrive de sa banlieue de Trappes. Après la déprime passagère causée par Stromae, on retrouve le smile avec Soulman, on a de nouveau envie de danser au rythme d’un « Petite Sœur ».

Bilan : « la patate »!

Camélia Jordana (Camélia Jordana)

C’est vrai elle est jeune, mimi, chante divinement bien, étonnement mature pour son âge . Mais son univers jazz/yéyé n’a pas réussi à me séduire. Vraiment pas.

Bilan : aucune réaction.

Féloche (La Vie Cajun)

Comment résumer l’univers d’un musicien quand celui-ci part dans tout les sens ? Inconstant, totalement décalé, le monde de Féloche c’est un joyeux bordel, ou on retrouve un peu beaucoup de bidouillage, du rock créole, de la valse (si si j’vous jure).

Bilan : perdue en cours d’écoute.

Carmen Maria Vega (Carmen)

« Mademoiselle, vous êtes plus une comédienne qu’une musicienne. Votre place n’est définitivement pas dans la musique« . Je me suis crue pour Philippe Manoeuvre l’espace d’un instant. Elle est drôle la Carmen. Quand on écoute son album, on ne peut qu’éclater de rire. Ses textes sont à mourir de rire (parfois même on s’y retrouve les filles), son phrasé, sa prononciation, tout est drôle et à prendre au 23ème degré. C’est un bon divertissement.

Bilan : muscles zygomatiques très actifs

Féfé (un jeune à la retraite)

Ca sent le soleil, la non-prise de tête. C’est joyeux et grave à la fois, c’est loin, très loin du rap du début dans lequel officiait le jeune homme. C’est funk, rock, hip hop, raggae, soul, ça groove. C’est juste bon quoi.

Bilan : Happy face à l’intérieur.

Compte tenu de l’état psychologico-émotionnelle dans lequel j’étais après l’écoute Everybody’s God, et considérant le fait que si on se fit aux effets que la musique cause sur un système neuronal, alors il est admis que le Prix Constantin devrait être décerné à GUSH. Malheureusement, je ne crois pas que ce soit de cette manière-là que réfléchissent les jurés à l’Olympia !



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