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Potiche, un film de blondes qui n’en est pas un

Publié le 14 novembre 2010 par Artyficielles

Potiche, un film de blondes qui n’en est pas un

Cela faisait longtemps que je n’avais pas écrit sur le blog mais les films, pièces, expos que j’ai vu ces derniers temps ne m’ont pas donné envie d’écrire…Me revoilà donc après être allée voir Potiche, le dernier film de François Ozon sorti en salles mercredi dernier. Pour tout vous dire, je n’étais pas très rassurée alors qu’on faisait la queue devant la salle. Je me préparais psychologiquement à accepter le parti-pris d’un film ultra-léché au sourire ultra-bright.  Mais loin d’être un film creux, Potiche est un film drôle et politique sur la société, l’engagement, la famille et bien sûr la condition féminine…Le tout porté par une Catherine Deneuve fantastique et un casting parfait. Un vrai bon moment de cinéma !

Le pitch : à la fin des années 70, Mme Pujol née Michonneau, belle et bonne potiche, remplace au pied levé son mari – Fabrice Luchini – à la tête de l’usine de fabrication de parapluies créée par son propre père. Ces nouvelles fonctions vont lui permettre de prendre l’usine en main, « d’incarner un patronat souriant » et d’avoir envie de changer sa condition de potiche pour mieux changer le monde.

L’une des forces du film est sans conteste un casting sans failles : Depardieu en député-maire communiste qui souhaite renouer avec son amour de jeunesse est juste parfait. Luchini est plus vrai que nature en infâme macho qui se tape sa secrétaire, va se rincer l’oeil au Badaboum et méprise cordialement sa femme.  Joëlle, la fille (Judith Godrèche) est une réac de première sous ses airs de Farah Fawcett au brushing parfait et Jérémie Regnier en homo incestueux est parfaitement tendancieux. Quant à Karine Viard en secrétaire modèle, elle incarne la quintessence même de la secrétaire cliché.

Adapté d’une pièce de boulevard, le film superpose au comique de la pièce une couche de cruauté qui le rend jubilatoire. Les dialogues sont saupoudrés d’anachronismes comme un « Casse-toi pauvre con » particulièrement bien senti. Cette fausse famille Ricoré ne cesse d’évoluer sous l’impulsion de Catherine Deneuve qui s’émancipe peu à peu. Pour un monde meilleur? On ne sait pas, car la scène de Mme Pujol déclarant vouloir être la maman de tous les Français n’est pas foncièrement rassurante. Mais en tout cas, entre temps, on aura bien ri.



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