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Poezibao a reçu n° 150, dimanche 14 novembre 2010

Par Florence Trocmé

 
 
Cette rubrique suit l’actualité éditoriale et présente les derniers ouvrages reçus par Poezibao. Il ne s’agit pas de fiches de lecture ou de notes critiques et les présentations font souvent appel aux informations fournies par les éditeurs.  
 
 
•Marie-louise Chapelle, Prononcé second, Flammarion et à la corde, Contrat Main 
•Gwenaëlle Stubbe, Ma Tante Sidonie, P.O.L. 
•Jean-Luc Bayard, Les Roues carrées, Ypsilon 
•Max Alhau, Hélène Baumel, Du bleu dans la mémoire, Voix d’encre 
•Revue Estuaire, n° 143 
•Michele Tortorici, La Pensée prise au piège, Vagabonde 
•Andrea d’Urso, Occident Express, Le grand Os 
•Aurelio Diaz Ronda, L’o de trous, Le Grand Os 
•Aurélie Pétrel, Philippe Adam, Les légumes verts, Le Bleu du ciel 
•Hélios Sabaté Beriain, vous ne nous aidez pas nous vous détruirons, Passage d’encres 
•Keltoum Staali, Identité majeure, Éditions de l’Atlantique 
•Thierry Renard, La Traversée du jour, éditions Bérénice 
•Ahmed Kalouaz, Thierry Renard, Un Monde à l’envers, le bruit des autres 
•Christiane Prioult, Métamorphoses, Le Chasseur Abstrait 
•Maurice Couquiaud, J’irai rêver sur vos tombes, L’Harmattan 
•Christian Monginot, Le Syndrome d’Orphée, Éditions de l’Atlantique 
•Revue La Passe, n° 11 
•François Bladier, Mass Klo, Huit Diableries, Contrat Main 
 
Notices détaillées de ces livres en cliquant sur « lire la suite de... » 
 

 
Marie-louise Chapelle 
Prononcé second 
Flammarion 
15 € 
et  
À la corde 
Contrat Main 
 
La parution du premier livre de Marie-louise Chapelle a contribué à l’émergence en France d’une nouvelle génération de femmes poètes (Isabelle Garron, Sophie Loizeau par exemple) dont les œuvres semblent d’autant plus importantes qu’elles prolongent chacune à sa manière l’effort moderne tout en revendiquant – sans nostalgie aucune – leur inscription dans diverses strates de notre tradition. Prononcé second accentue sous cet angle la portée d’un travail déjà visible dans mettre. L’ouvrage s’ouvre ainsi sur une étonnante suite de sonnets « réinventés » dont la langue, proche parfois du baroque, porte la mémoire d’un lointain héritage poétique (celui du XVIe siècle notamment). D’autres séquences, à l’inverse, privilégient la dispersion des strophes, l’effacement ou le « dédoublement » de leur propre matière. Mais ce travail formel ne doit pas masquer l’essentiel : la mise au jour d’un univers intérieur d’une rare densité, où l’ombre joue sans cesse avec la lumière pour révéler (et instaurer dans un même élan) un trouble peut-être indicible hors du vers – mais dont l’écriture s’approche ici au plus près, en risquant tout, sans rien perdre de son énigme si sacrifier de sa rigueur prosodique. (Prière d’insérer)  
Marie-louise Chapelle publie également un court texte, intitulé A la corde, aux éditions Contrat Main 
 
 
Gwenaëlle Stubbe 
Ma Tante Sidonie 
P.O.L. 
15 € 
 
Il y a d'abord dans Ma tante Sidonie, livre de poésie, un sujet : la guerre. Comme le personnage de Tante Sidonie provient d'une bande dessinée très lue en Belgique : dans le contexte il dégage des propriétés hallucinatoires incongrues et détériore aussi bien le réalisme que l'hyperréalisme du « fait guerre » en y injectant du fictif spectaculairement hétérogène. Il faut ajouter à cela une présence quasiment scénique du mot, une oralité, une rapidité tactile qui, à travers la saturation programmée de la phrase, permettent un étranglement des événements, une surenchère exemplaire : une inédite remise à nu du sens. (site de l’éditeur où l’on peut lire les premières pages du livre)  
 
 
Jean-Luc Bayard 
Les Roues Carrées 
Essai-poème 
Préface de Paul Otchakovsky-Laurens 
coll. fragile, Ypsilon 
15 € - sur le site de l’éditeur 
 
C’est une étrange affaire que la lecture. On en a beaucoup écrit et bien. Mais il me semble que l’on n’est jamais assez si loin dans son intimité, dans son secret, qu’avec ce texte de Jean-Luc Bayard (Paul Otchakovsky-Laurens, extrait de la préface et dos du livre) 
 
 
Max Alhau, encres d’Hélène Baumel 
Du bleu dans la mémoire 
Voix d’Encre, 2010 
19 € 
 
« D'une terre à une autre, le poète demeure ce voyageur qui tout au long de ses périples s'interroge sur le sens de sa marche, côtoie des lieux familiers ou inconnus. Tantôt au bord du précipice, tantôt solidement enraciné, il mesure le temps écoulé et celui à venir tandis que la mémoire s'approprie des souvenirs ou que l'imaginaire la devance. Avant tout il s'agit de marcher, de regarder autour de soi, d'approuver ces paysages pour savoir que l'instant et l'éternité se fondent dans une même durée, dans les mêmes mots. » (Dos du livre) 
Max Alhau est l'auteur d'une vingtaine de recueils de poèmes. Aux éditions Voix d'encre, il a déjà publié Cette couleur qui impatiente les pierres avec des aquarelles de Nicole Miard, 1998. À la nuit montante avec des encres d'Hélène Baumel, 2002. D'asile en exil avec des images de Pascal Hémery, 2007, Prix Georges Perros 2008. Il collabore ou a collaboré aux revues Autre Sud, Diérèse, Europe, la N R F, Lieux d'être
 
 
Revue Estuaire 
Le poème en revue 
« Têtes » 
n° 143 
8 € 
 
Têtes. Il faut les imaginer heureuses, Martine Audet, Louise Bouchard, Denise Desautels, Louise Dupré, Catherine Mavrikakis, Gail Scott et l’artiste visuelle Louise Viger, penchées pendant plus d’un an sur ce mot têtes, créant des textes et des images qui se croisent, se questionnent, se heurtent et tentent parfois de se répondre. Il faut les imaginer entêtées, tournant autour de ce mot, autour de la forme qu’il impose – et des mille visages qu’elle peut prendre – dans un monde lui-même multiple et extravagant. Oui, il faut les imaginer heureuses, comme Sisyphe (Denise Desautels, dos du livre)  
 
 
Michele Tortorici 
La Pensée prise au piège 
traduit de l’italien par Danièle Robert 
Vagabonde, 2010 
12 € 
 
« Voyages et haltes sont source de méditation sur le temps, les lieux, la vie et la disparition, la mémoire. Moments où la pensée se trouve soudain « prise au piège », mais pour mieux prendre son essor et se déployer, sans ostentation, comme en un murmure. Naît ainsi une musique qui saisit le lecteur, l’enveloppe, l’entraîne dans ses rythmes, ses ruptures, ses voix diverses, la pureté de son phrasé. Une poésie de l’intime qui touche par sa retenue, son élégance et sa délicatesse. 
La traduction de cette édition bilingue de La pensée prise au piège a été réalisée par Danièle Robert » Lire la préface au livre. 
Poète et enseignant,Michele Tortorici est l’auteur de nombreux articles publiés en revue ou volumes collectifs et le coauteur d’une histoire de la littérature italienne. Il a également publié les recueils de poèmes I Segnalibri di Berlino (Campanotto, 2009) et Versi inutili e altre inutilità (Edicit, 2010). 
 
 
Andrea d’Urso 
Occident Express 
collection qoi, le grand os, 2010 
14 € - site de l’éditeur 
 
« Dernièrement l’eschatologie s’est payé une bonne assurance-vie, le cœur ne connaît plus d’effroi et en aucune mer il n’est doux de sombrer.  
Madame, la réponse est non. Inutile de me regarder de travers, je ne descends pas au prochain arrêt. » (dos du livre) 
 
 
Aurelio Diaz Ronda 
L’O de trous 
collection lgo, le grand os 
9 €, site de l’éditeur 
 
15 
quoi de plus noir 
que le trou le plus noir 
eh 
son ombre 
encore plus sombre que le trou 
plus sombre lui-même que la nuit 
son ombre 
dont il s’enveloppe 
s’imprègne 
se nourrit
(33) 
 
 
Aurélie Pétrel, Philippe Adam 
Les légumes verts 
Le Bleu du ciel éditions 
20 € 
 
« Mâcher fatigue. Digérer rend morose et donne des palpitations cardiaques. Nous sommes lourds. Nous voulons changer, faire machine arrière pour retrouver l’étincelle. Des légumes verts. Nous en avons besoin. Des légumes verts. C’est exactement ce qu’il nous faut.  
On en mangerait. Là où les restaurants français affichent leurs menus, les restaurants japonais mettent en vitrine des reproductions en plastique des plats qu’ils proposent. Les Légumes verts sont nés du charme qu’exercent ces reprodcutions, textes de Philippe Adam et photographies d’Aurélie Pétrel. » (dos du livre) 
 
 
Helios Sabaté Berian 
vous ne nous aidez pas nous vous détruirons 
coll. Trace(s), Passage d’Encre, 2010
5 € 
 
(1) 
A l’heure du grand vermeil, d’où la résonance 
peut vraisemblablement tuer. Que survivre 
Puisse être volonté. Le vendre s’ouvre derrière vous 
Comme un dimanche des Rameaux 
Et nous ne dites rien ? Vous laissez l’organe se dilater. 
(p. 5) 
 
 
Keltoum Staali 
Identité majeure 
coll. Phoïbos, éditions de l’Atlantique 
15 € 
 
Par-delà les poussières 
Je quête le nom de l’universel 
Pour écouter l’écho de la langue du sang 
Qui transperce mes certitudes 
(16) 
Keltoum Saalti est née en 1960 à Salon.  
 
 
Thierry Renard 
La Traversée du jour 
Éditions Bérénice 
12 € 
 
« Les poèmes de Thierry ont une fluidité et une ampleur qui nous installent dans un indéniable bien-être. Ils nous communiquent un peu de sa transparence, de sa liberté, de cet amour avec lequel il va sans crainte au-devant de la vie » (Charles Juliet, dos du livre)  
 
 
Ahmed Kalouaz, Thierry Renard 
Un Monde à l’envers 
Le bruit des autres, 2010 
12 € 
 
« "Correspondances": d’abord deux amis parlent tout seuls. L’un venait d’Italie, l’autre d’Algérie. Leurs parents avaient fui une histoire pour une autre. L’un voulait changer le monde, l’autre le gagner. Au début, Thierry et Ahmed, du fin fond du livre, parlent en parallèle ; mais à la différence des rails de chemins de fer, leurs paroles finissent par se croiser, s’épouser sans dérailler. » (dos du livre, extrait de la préface d’Yvon Le Men) 
 
 
Christiane Prioult 
Métamorphoses 
Le chasseur abstrait éditeur 
14 € 
 
« Dans l’espace, sans bornes, où souffle le vent de l’imagerie mentale, nous continuerons éternellement notre errance, en quête de ce qui porte le nom d’écriture. Écrire, et vivre au pays du réel et de l’imaginaire, voire des deux à la fois, pour tenter d’exprimer le mystère d’un tout : celui d’une vérité dans sa gaine d’ombre, le rêve de tout auteur » (Christiane Prioult, dos du livre) 
 
 
Maurice Couquiaud 
J’irai rêver sur vos tombes 
coll. Accent tonique, poésie, L’Harmattan 
11,50 € 
 
« En véritable poète, Maurice Couquiaud a choisi de rester à l'écoute sensible du monde et de ce que la raison ne peut expliquer ou justifier. Il plonge dans les paradoxes heureux ou douloureux de la condition humaine au sein d'une réalité frappée d'incertitudes. Les gestes et les mots peuvent avoir une lointaine portée d'ogive. L'amour est une arme de construction massive. Ces mots ouvrant le nouveau recueil de M. Couquiaud correspondent parfaitement à l'esprit régnant dans les œuvres précédentes de ce poète rare. » (Dos du livre) 
 
 
Christian Monginot 
Le Syndrome d’Orphée 
coll. Phoïbos, Éditions de l’Atlantique 
18 € 
 
« Tu ne sais pourquoi ni comment cela s’ouvre. Entre toi et rien. Une onde. Un jeu. Les choses y viennent. S’éclairent. Puis disparaissent. Toutes. La moindre. Comme troublées. Attirées. Éprises. Un
instant. Puis disloquées. Abolies. Elles viennent puis tombent avec toi. Dans le même abîme. Quotidien. Banal. Partageant un reste de lumière
 » (dos du livre) 
Christian Monginot est né à Béziers en 1947. 
 
 
Revue La Passe 
n° 11, automne-hiver 2010-2011 
Vertige des langues, vertige des couleurs 
 
Au sommaire de ce numéro des textes notamment de Jacques Josse, Eugénie Kuffler, Tristan Felix, Philippe Blondeau, Maurice Mourier, Anne Peslier, Aurore Dourthe...  
 
 
François Bladier  
Mass Klo 
Huit diableries 
Contrat Main 
 
« Masse Klo 
Panne criée 
Fumisterie 
Van que 
Jambres entières 
Eros 
Georgiou
 » 
 


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